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Comité plénier – Le directeur parlementaire du budget

Comité plénier – Le directeur parlementaire du budget

Comité plénier – Le directeur parlementaire du budget

Le sénateur Art Eggleton : 

Vous avez dit que votre style est très semblable à celui du titulaire actuel du poste, M. Fréchette. Comment compareriez-vous votre style à celui de Kevin Page? M. Page a occupé ce poste plus longtemps que quiconque et, à mon avis, il en était l’incarnation à bien des égards. Votre réponse nous permettrait donc de mieux juger votre candidature.

M. Yves Giroux : Je vous remercie de cette intéressante question, que j’espérais que personne ne me poserait.

Il est un peu difficile de présumer comment mon style se comparera à celui de Kevin Page ou de M. Fréchette. Lorsqu’ils ont assumé ce poste, ils étaient dans une position très différente que celle où je me trouverai si vous approuvez ma nomination.

M. Page a dû jeter les bases du poste. Il a dû établir la crédibilité de son poste alors que les ministères ne savaient peut-être pas qu’il existait ou ne voyaient sans doute pas sa création d’un bon œil. Ils n’étaient assurément pas prêts à communiquer des renseignements.

Le mandat législatif était différent. Je dirais qu’il était moins fort, ou plus limité pour être exact, alors M. Page travaillait dans des circonstances bien différentes.

En ce qui concerne M. Fréchette, il était également dans une situation différente. Je crois que, à son arrivée, le poste était bien établi et sa crédibilité était faite, mais il ne s’agissait pas encore d’un mandataire du Parlement. Il est donc difficile de comparer ma situation avec celle de M. Page. Une chose qui est comparable, c’est notre calvitie, mais à part cela, il est difficile pour moi de dire si j’exercerai mon rôle exactement de la même façon que M. Page ou très différemment.

Ce que je puis affirmer, c’est que je ferai tout pour respecter le mandat inscrit dans la loi et pour communiquer aux sénateurs et aux députés de l’autre endroit toute l’information dont ils ont besoin pour débattre et prendre des décisions éclairées.

Le sénateur Eggleton : Très bien.

Vous êtes économiste, et il semble logique qu’une personne ayant votre formation occupe ce poste. Cependant, lorsqu’on travaille sur les budgets, différents facteurs sociaux interviennent. J’aimerais savoir quelle serait votre approche quant à ces facteurs.

Je me souviens que M. Page m’a déjà dit que ceux qui luttent contre la pauvreté perpétuent l’œuvre de Dieu. Il n’allait pas pour autant changer les faits et les données concernant les enjeux sociaux, mais j’aimerais savoir comment vous entendez traiter des enjeux sociaux.

Je sais bien qu’une demande doit vous être présentée pour que vous fassiez ce genre d’études. En fait, une étude sur le revenu annuel garanti a récemment été réalisée sous la direction de M. Fréchette, et elle a donné lieu à un très bon document. Je me demande ce que vous pensez du fait que vous allez devoir vous occuper de questions sociales.

M. Giroux : Je suis très à l’aise à l’idée de m’occuper de questions sociales. J’ai travaillé pendant six ans au ministère des Finances, où j’ai eu à m’occuper de questions de politique sociale, et une grande partie du temps que j’ai passé au Bureau du Conseil privé y a été consacrée.

Au Bureau du Conseil privé, il était question de Patrimoine canadien, qui ,par définition, s’occupe d’enjeux on ne peut plus sociaux, et de Citoyenneté et Immigration. J’ai travaillé pendant six ans au ministère des Finances. Il y était question d’un très vaste ensemble de politiques sociales, comme la justice, la sécurité publique, la pauvreté, les étudiants, tout ce qui concerne les personnes âgées.

Je me suis rendu compte qu’il est parfois difficile d’évaluer le coût de certaines propositions du gouvernement ou de certains problèmes sociaux. Par contre, il est toujours possible de trouver des façons de mesurer ce qu’on veut mesurer. Au Canada, il existe beaucoup de sources de données sur les enjeux sociaux, et j’ai déjà l’habitude de ces questions. C’est très intéressant. Selon moi, on touche au cœur de nombreux problèmes qui existent au Canada. C’est donc très intéressant, et je suis tout à fait à l’aise à l’idée de me pencher sur les enjeux sociaux.