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Comité plénier pour étudier le projet de loi C-89, Loi prévoyant la reprise et le maintien des services postaux

Comité plénier pour étudier le projet de loi C-89, Loi prévoyant la reprise et le maintien des services postaux

Comité plénier pour étudier le projet de loi C-89, Loi prévoyant la reprise et le maintien des services postaux

Le sénateur Mercer : 

Mesdames les ministres, je vous remercie toutes les deux d’être ici.

Avant de passer à ma question, j’aimerais revenir sur les observations de Scott Decksheimer à propos des envois postaux directs, dont vous avez fait mention. C’est un enjeu crucial. Peu importe de quel organisme de bienfaisance il s’agit, ils reçoivent tous la grande majorité des dons envoyés par la poste en cette période de l’année, d’ici à la fin de décembre. Grâce à mon expérience de collecteur de fonds pendant 40 ans et de vice-président international de l’Association des professionnels en philanthropie, je suis bien au fait de ces données. C’est un enjeu fondamental pour beaucoup de gens.

Toutefois, ce n’est pas le sujet de ma question. Voici ce que j’aimerais demander à la ministre Qualtrough : Postes Canada, comme beaucoup d’autres services postaux dans le monde — et j’en ai parlé plus tôt dans mes observations —, se trouvait au bord du gouffre. Les technologies ont évolué, et les gens utilisent de plus en plus le courriel au lieu du lent courrier traditionnel. Après avoir été une véritable vache à lait pour le gouvernement pendant de nombreuses années, Postes Canada s’est mise à perdre de l’argent. Aujourd’hui, nous faisons face à cet important conflit de travail.

Quels sont les plans pour contribuer à assurer la viabilité de Postes Canada? Si les habitants des centres urbains affirment qu’ils pourraient peut-être s’en passer, c’est hors de question pour ceux d’entre nous qui vivent dans des régions rurales — j’habite un petit village en Nouvelle-Écosse. Les services postaux y représentent un important moyen de communication. Nous sommes également préoccupés par le fait que les employés des régions rurales de la Nouvelle-Écosse ne reçoivent pas un salaire équivalent à ce que gagnent ceux qui travaillent 40 kilomètres plus loin, à Halifax.

Que comptez-vous faire pour corriger la situation? J’imagine que le conflit de travail actuel a probablement nui à ce processus en raison du manque de coopération et de confiance entre la direction et les employés.

L’honorable Carla Qualtrough, C.P., députée, ministre des Services publics et de l’Approvisionnement et de l’Accessibilité :  Merci, sénateur, et merci à vous, madame la présidente. Postes Canada est à un moment crucial de son évolution et elle doit assurer sa viabilité. Au cours des deux premières années du mandat du gouvernement, deux études majeures ont été menées, l’une par un groupe de travail, l’autre par un comité de la Chambre des communes.

Ces études ont mis très clairement deux choses en lumière.

Premièrement, les Canadiens apprécient les services de Postes Canada et ils leur accordent beaucoup de valeur. Je suis persuadée que tout le monde — et assurément les politiciens — aimerait jouir de la même popularité que Postes Canada.

Deuxièmement, l’idée de subventionner Postes Canada suscite des réserves chez les Canadiens. La nouvelle vision que nous avons présentée met l’accent sur un modèle innovant de prestation de services qui tient compte du fait que le pain et le beurre de Postes Canada ne sont plus le courrier, mais la livraison de colis. Nous reconnaissons la nécessité d’avoir des solutions novatrices qui permettent de soutenir la concurrence des entreprises du secteur privé, car, comme les fonctionnaires de Postes Canada l’indiqueront sans doute tout à l’heure, ce sont les colis qui permettent de réaliser un profit, et encore, pas toujours. Ce n’est plus le courrier, mais il faut continuer de l’acheminer. La dynamique change, et les services postaux doivent suivre le rythme.

Pour ce qui est d’assurer que les employés des postes soient payés équitablement, je peux affirmer que des discussions sont en cours à ce sujet. Notre engagement à cet égard est ferme. Postes Canada est déjà à mettre en œuvre des mesures pour répondre à la récente décision en matière d’équité salariale. La dynamique est en train de changer, et les répercussions sur les facteurs des régions rurales sont considérables.

Nous faisons de notre mieux pour offrir à tous un environnement de travail sécuritaire et propice à leur épanouissement.

Pour ce qui est de la viabilité à long terme de la société, les discussions entourant l’actuel processus de négociation collective, qui porte sur des questions tant financières qu’opérationnelles, permettront, dans une certaine mesure, d’orienter les activités de Postes Canada.

Si les dispositions de cette entente orientent d’une certaine façon les activités de l’organisation, il peut être très difficile d’assurer la viabilité opérationnelle. Si les dispositions de cette entente orientent les activités autrement, on peut assurer la viabilité financière de la société.

D’une certaine façon, la société est en quelque sorte à un tournant. Nous sommes aussi très conscients que les bons emplois qu’elle fournit doivent être maintenus pour les trois à cinq prochaines années.

Le sénateur Mercer : Pour conclure mon intervention au sujet de la mise en œuvre de votre stratégie, j’aimerais paraphraser le premier ministre. J’espère que tout le monde s’en souviendra. Nous sommes en 2018. On ne peut pas traiter les Canadiens des régions rurales différemment des Canadiens des régions urbaines. Si vous voulez plaire à la classe moyenne et à ceux qui veulent en faire partie, vous devriez en tenir compte.

Ms. Qualtrough : Je suis tout à fait d’accord.