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Comité plénier pour étudier le projet de loi C-89, Loi prévoyant la reprise et le maintien des services postaux

Comité plénier pour étudier le projet de loi C-89, Loi prévoyant la reprise et le maintien des services postaux

Comité plénier pour étudier le projet de loi C-89, Loi prévoyant la reprise et le maintien des services postaux

Le sénateur Day : 

Merci, monsieur Palecek. Je suis tout au bout ici. Merci beaucoup d’avoir pris le temps de venir répondre à nos questions. J’imagine que vous auriez autre chose à faire, mais il est très important que nous ayons votre point de vue.

Ma première question vise à clarifier les choses, du moins dans mon esprit, en ce qui concerne l’équité salariale. Il a été question du fait qu’il y a plus de femmes qui travaillent dans les régions rurales, 70 p. 100 contre 30 p. 100. L’équité salariale porte-t-elle sur un écart entre les régions urbaines et rurales ou entre les hommes et les femmes?

Mike Palecek, président, Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes : On parle ici d’unités de négociation qui représentent les facteurs ruraux et suburbains. Ces zones ont été délimitées géographiquement il y a de cela longtemps. Évidemment, à mesure que les villes s’étalent, il y a de plus en plus de zones urbaines dans l’unité suburbaine. C’est là que se trouve l’écart. Le travail est le même, mais pas le salaire.

Le sénateur Day : Oui, je comprends cela, et il se trouve par hasard qu’il y a aussi un écart hommes-femmes.

M. Palecek : Eh bien, je ne crois pas que ce soit une coïncidence. Les choses ont été établies de cette façon. Si on remonte assez loin dans le passé, on constate que ces itinéraires étaient souvent confiés à des ménagères en milieu rural qui faisaient ce travail pour gagner un revenu d’appoint. On disait qu’elles faisaient cela pour avoir de l’argent de poche.

Le sénateur Day : Merci de cette précision. Je vais passer à ma prochaine question, si vous me le permettez. Est-ce que les négociations se poursuivent actuellement, pendant le week-end? Est-ce qu’on négocie en ce moment même?

M. Palecek : Oui, nous continuons de négocier avec l’aide du médiateur. Nous espérons vivement parvenir à une entente négociée. Nous savons que c’est la seule façon d’en arriver à une entente satisfaisante pour les deux parties.

Le sénateur Day : Je peux vous dire que les sénateurs ici présents partagent cet avis. Nous espérons que ce sera le cas. C’est ce que vous espérez. Serait-il possible d’amorcer une période de réflexion? Même si ce projet de loi est adopté, il n’entrera pas en vigueur avant de recevoir la sanction royale, et c’est une étape qui peut se reporter. Les négociations pourraient-elles se poursuivre après ce week-end?

M. Palecek : C’est tout à fait possible. Nous avons défendu avec ardeur notre droit de négocier. C’est exactement ce que nous avons l’intention de faire.

Le sénateur Day : Merci. J’espère que vous poursuivrez les efforts en ce sens.

J’ai une dernière question. Je sais que vous ne souhaitez pas l’adoption du projet de loi, mais je sollicite votre indulgence. Si le projet de loi est adopté, y a-t-il quelque chose que vous souhaiteriez y voir ajouté ou modifié au préalable? Y a-t-il quelque chose que le Sénat puisse faire pour améliorer le projet de loi, selon vous?

M. Palecek : Nous sommes encore en train d’examiner le projet de loi avec nos conseillers juridiques, alors je ne pourrais vous donner de réponse définitive. Toutefois, je comprends que les choses vont vite. Beaucoup plus vite qu’il ne le faut, selon moi. Je dirais qu’il y a une chose que nous jugeons inhabituelle. Le projet de loi confie à la ministre du Travail le soin de déterminer quels sont les points en litige qui seront renvoyés à l’arbitrage. Normalement, cette décision revient aux parties. Nous sommes plutôt préoccupés par cela.

Le sénateur Day : D’accord, merci beaucoup.