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Débat: Recours au Règlement concernant le comportement au Sénat

Débat: Recours au Règlement concernant le comportement au Sénat

Débat: Recours au Règlement concernant le comportement au Sénat

L’honorable Percy E. Downe : 

Honorables sénateurs, je ne suis pas non plus convaincu qu’il s’agisse d’un recours au Règlement. De toute évidence, le Président en jugera.

Cela dit, j’estime que la question est importante, car les recours au Règlement concernant des observations formulées à l’intérieur et à l’extérieur de cette enceinte nous accaparent de plus en plus, ce qui nous ralentit dans nos travaux.

J’aimerais raconter deux anecdotes personnelles. Lorsque je suis arrivé au Sénat, le Président de l’époque avait l’habitude de nous rappeler que le tapis ici est rouge, et non vert, ce qui veut dire que nous sommes moins partisans et plus modérés dans nos attaques que la Chambre des communes. Du moins, c’est ainsi que je l’ai interprété.

Par ailleurs, et je le signale pour donner matière à réflexion à mes collègues, car nous sommes tous responsables de notre propre conduite, je venais d’un milieu hautement partisan. À mon arrivée au Sénat, j’ai réalisé que les personnes qui s’opposaient à ce que je disais n’étaient pas terribles. Elles avaient seulement un point de vue différent. Je me suis alors mis à analyser les autres sénateurs, et j’aimais bien le style du sénateur Rompkey, qui parlait toujours de la stratégie et non de la personne, et toujours de la question à l’étude et jamais de la personnalité des autres.

Lorsqu’on l’attaquait, il trouvait toujours un moyen très pratique pour se défendre. Je me souviens d’une fois où le sénateur Segal l’avait interpellé — tandis que lui faisait rarement ce genre de choses — et où le sénateur Rompkey avait répondu qu’il ne l’entendait pas parce qu’il était occupé à prononcer son discours. L’affaire était réglée.

Je pense que nous devons tous être soucieux de notre ton et concentrer nos efforts sur la tâche à accomplir. Il ne fait aucun doute que de nombreux sénateurs de toutes les allégeances ont été lésés et offusqués par ce qui s’est passé l’autre jour, mais nous sommes dans un lieu où peuvent survenir de grandes réussites et de grandes déceptions. Il y a quelques semaines, le sénateur Munson et tous ceux qui ont participé à l’élaboration du projet de loi sur l’accessibilité se sont beaucoup réjouis lorsque ce dernier a été adopté, mais nous avons vécu d’autres déceptions de tous genres.

Mon projet de loi concernant l’évasion fiscale à l’étranger a été rejeté par la Chambre des communes en dépit du fait que le Sénat lui ait envoyé un message pour l’exhorter à faire son travail. C’est ainsi que ça fonctionne. Ai-je dit mon dernier mot? Absolument pas. Je poursuivrai mon travail dans ce dossier après les élections et je vous demanderai de m’appuyer dans mes efforts.

Nous allons vivre des échecs et connaître des réussites, mais nous devons prendre conscience qu’il s’agit d’un long processus. Si nous sommes ici pour longtemps, c’est parce que nous avons ainsi une mémoire institutionnelle et pouvons nous occuper des choses qui durent. Lorsque nous nous penchons sur des mésaventures personnelles, qui nous arrivent à tous parce que nous sommes humains, nous ralentissons le processus. Les revers nous affectent tous, mais nous devons les mettre de côté et nous concentrer sur le bien commun. C’est ce que le sénateur Rompkey m’a appris, et j’aimerais prodiguer ce même conseil à tous ceux qui veulent bien l’entendre.