Canada's Original Think Tank

Deuxième lecture du projet de loi S-1002, Loi concernant Guides du Canada

Deuxième lecture du projet de loi S-1002, Loi concernant Guides du Canada

Deuxième lecture du projet de loi S-1002, Loi concernant Guides du Canada

L’honorable Mobina S. B. Jaffer propose que le projet de loi S-1002, Loi concernant Guides du Canada, soit lu pour la deuxième fois.

— Honorables sénateurs, c’est un honneur pour moi de prendre la parole au sujet du projet de loi S-1002 concernant Guides du Canada.

Les Guides du Canada sont un organisme qui me tient beaucoup à cœur; j’y reviendrai dans un instant.

J’ai également appris que cet organisme est aussi très cher à bon nombre d’honorables sénateurs.

J’aimerais commencer aujourd’hui en vous faisant faire un voyage dans le temps, jusqu’en 1909, lorsque les filles en Angleterre ont réclamé le droit de participer à un rassemblement des scouts organisé par lord Baden-Powell au Crystal Palace, à Londres. Les filles ont vu ce que faisaient les scouts, et elles voulaient avoir les mêmes possibilités. Lord Baden-Powell a été impressionné par leur initiative et leur ténacité, il a donc demandé à sa sœur, Agnes, de créer un programme uniquement pour les filles.

C’est ce jour-là que les filles ont lancé le mouvement des guides, où les filles peuvent se rassembler pour découvrir ce qui est important pour elles et entreprendre diverses activités qu’elles ne peuvent pas faire à la maison ou à l’école. Ce mouvement a créé un lieu où les filles ont pris l’initiative de découvrir ce qui était important pour elles. Dès le début, ces filles cherchaient à vivre de nouvelles expériences.

Un an plus tard, le guidisme fait son entrée au Canada. Dès 1912, des unités sont formées dans toutes les provinces et de nombreuses Canadiennes parmi les plus avant-gardistes se rassemblent pour créer la Canadian Girl Guides Association.

Dès leur première rencontre, ces femmes ont une idée claire de ce qu’elles souhaitent créer : une organisation réservée aux filles, où celles-ci pourront faire des choix, avoir voix au chapitre et mettre leurs idées en pratique.

De nos jours, l’organisation Guides du Canada est forte de la participation de 75 000 guides et du soutien de 20 000 femmes d’un océan à l’autre.

Depuis la fondation de cet organisme extraordinaire, en 1910, plus de 7 millions de filles et de femmes canadiennes y ont participé. Gagnées par la passion de celles qui les ont précédées, les Guides du Canada ont à cœur de créer des programmes novateurs tout en respectant l’histoire et les valeurs essentielles du mouvement.

Le guidisme donne aux filles la possibilité d’accroître leur confiance en elles-mêmes, leur résilience, leur indépendance et leur ouverture d’esprit, et d’ainsi être « toujours prêtes ». Le guidisme représente depuis longtemps une excellente façon d’aider les filles à acquérir des habiletés et de l’expérience qui leur permettront d’essayer de nouvelles choses, grâce à des programmes axés sur l’estime de soi, la santé mentale, la littératie financière, les relations interpersonnelles saines et les expériences en plein air.

Les Guides du Canada offrent une chance unique de renforcer son autonomie dans un milieu sécuritaire et positif. Les programmes offerts sont adaptés aux défis auxquels sont confrontées les jeunes Canadiennes.

Honorables sénateurs, les Guides du Canada offrent une multitude d’activités et de programmes à la fois positifs et éducatifs. Je pense par exemple au programme Mighty Minds, un vaste programme sur la santé mentale destiné aux filles de 5 à 17 ans de partout au Canada, conçu pour les aider à acquérir une bonne attitude en matière de santé mentale.

Les Guides du Canada célèbrent chaque année la Journée internationale de la fille.

Cette année, les Guides du Canada ont publié les résultats d’un sondage national qui révèle les principaux défis auxquels sont confrontées les adolescentes canadiennes. Les Guides du Canada ont commandité ce sondage parce que les défis que vivent les jeunes filles jouent un rôle clé dans les activités de l’organisation.

Être à l’écoute des filles et chercher à comprendre ce à quoi elles font face permet à l’organisme Guides du Canada de s’adapter et d’élaborer des programmes pertinents qui encouragent les filles à relever de nouveaux défis.

Pour le 150e anniversaire du Canada, les Guides du Canada ont organisé des événements régionaux un peu partout, y compris des activités spéciales pour commémorer notre magnifique pays et célébrer les femmes qui ont aidé à établir et à définir le Canada. Ce ne sont là que trois campagnes parmi d’innombrables activités dirigées par cet organisme formidable.

Guides du Canada s’engage à être un organisme inclusif, diversifié et adapté à la réalité des filles d’aujourd’hui. Ces valeurs jouent un rôle clé dans l’atteinte de l’objectif de l’organisme, qui est d’offrir un milieu sécuritaire où des filles de tous les horizons peuvent acquérir de l’assurance, devenir résilientes et autonomes, s’ouvrir l’esprit et s’épanouir.

Depuis plus de 100 ans, l’organisme Guides du Canada comprend que, lorsqu’on permet aux filles d’apprendre à se connaître et d’explorer les possibilités infinies qui s’offrent à elles, leur potentiel est sans limites, peu importe la voie qu’elles choisissent. On apprend aux filles à relever continuellement de nouveaux défis.

Honorables sénateurs, nous sommes bien conscients que les filles et les femmes se butent encore à des obstacles et que les possibilités qui s’offrent à elles sont limitées. Des programmes axés sur les filles mettent l’accent sur leurs besoins particuliers et les barrières sociales auxquelles elles font face, et les amènent à observer des femmes en position de leadership.

Le monde actuel est en constante évolution et de plus en plus complexe, et le sexisme perdure. Il ne fait aucun doute que les filles ont besoin, plus que jamais, d’un organisme tel que Guides du Canada.

De nos jours, les filles qui font partie des guides se découvrent et fixent leurs propres objectifs. Engagées dans cette voie, elles savent qu’elles peuvent acquérir de l’assurance, de la résilience et de l’autonomie.

Les Guides du Canada sont également des représentantes du Canada très respectées à l’étranger. En offrant à des filles et à des jeunes femmes l’occasion de participer à des initiatives internationales, y compris à la Commission de la condition de la femme des Nations Unies et à d’autres activités de développement du leadership, Guides du Canada leur fournit les outils nécessaires pour bâtir un monde meilleur.

Honorables sénateurs, j’ai les guides dans le sang. Dans sa jeunesse, ma mère a été guide et a travaillé avec lady Baden-Powell au Kenya. Elle m’a souvent parlé de ses aventures de guide, de ses séjours en camping et des rôles de leader qu’elle a joués au Kenya. Jeune mariée, elle a déménagé à Kampala, en Ouganda, où elle est devenue cheftaine de guides, offrant aux jeunes Ougandaises la possibilité d’exceller.

Mes sœurs et moi avons aussi fait partie des patrouilles de brownies et de guides. J’ai été seconde guide de la reine en Afrique de l’Est puis Girl Scout à Tacoma, dans l’État de Washington. J’ai acquis de nombreuses compétences en leadership.

J’ai été cheftaine de brownies, de guides et d’éclaireuses, mais, surtout, j’ai fait faire des sorties de camping à des filles du monde entier.

Chaque année où j’ai été commissaire auprès des guides, j’ai encouragé des jeunes femmes à devenir des leaders.

Honorables sénateurs, les Guides du Canada ont eu une immense influence sur la femme que je suis aujourd’hui.

J’ appuie totalement les Guides du Canada et l’engagement continu qui est le leur de permettre aux filles d’être confiantes, débrouillardes et courageuses, mais, surtout, de changer les choses dans le monde.

Les Guides du Canada ont demandé qu’un projet de loi d’intérêt privé soit présenté au Parlement du Canada pour garantir que les rôles qu’elles jouent et les procédures qu’elles suivent en tant qu’organisation moderne se reflètent dans leur charte constitutive.

Honorables sénateurs, la gouvernance des Guides du Canada est consacrée dans une loi spéciale du Parlement intitulée Loi concernant The Canadian Council of The Girl Guides Association (1917). Cette loi a été modifiée deux fois, une première fois en 1947 et une deuxième fois en 1961. Elle reste essentiellement inchangée. Dans ce projet de loi d’intérêt privé, les Guides du Canada cherchent à adapter le libellé à leurs objectifs et missions actuels, à apporter des révisions administratives à leurs procédures et à intégrer certaines dispositions de la Loi canadienne sur les organisations à but non lucratif.

Honorables sénateurs, je vous demande d’appuyer la modernisation des objectifs des Guides du Canada.

Je vous serais reconnaissante de m’accorder votre soutien pour que ce projet de loi soit renvoyé au comité dès que possible. Merci, mesdames et messieurs les sénateurs.

L’honorable Pierre J. Dalphond : La sénatrice Jaffer accepterait-elle de répondre à une question?

La sénatrice Jaffer : Oui.

Le sénateur Dalphond : Ma question est la suivante : pourquoi une loi spéciale est-elle requise? Est-ce qu’ils ne peuvent pas se prévaloir de la Loi canadienne sur les organisations à but non lucratif et être régis comme toutes les organisations de ce type au Canada?

La sénatrice Jaffer : C’est une question importante que vous posez, sénateur. J’ai posé la même lorsque l’organisme m’a approchée pour que je présente le projet de loi. Il y a de nombreuses années, j’ai travaillé avec le sénateur Di Nino pour Scouts Canada. Pour Scouts Canada et les Guides du Canada, il faut une loi parlementaire spéciale. Ces organismes ne relèvent pas de la loi habituelle pour les organismes de bienfaisance. Il faut une loi parlementaire spéciale. C’est pour cette raison que nous tenons ce débat. Les Guides du Canada doivent passer par ce processus de temps à autre, mais il faut que la loi soit adoptée par le Parlement du Canada. C’est la loi.