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La reconnaissance et la promotion des langues autochtones

La reconnaissance et la promotion des langues autochtones

La reconnaissance et la promotion des langues autochtones

L’honorable Serge Joyal : 

Honorables sénateurs, la semaine dernière, la Chambre des communes a approuvé les recommandations de son Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre et a autorisé l’utilisation de langues autochtones au cours de ses débats parlementaires.

[Traduction]

La décision de permettre à tout député autochtone de prendre la parole à la Chambre des communes dans sa langue autochtone, avec la traduction disponible pour la gouverne des collègues parlementaires, représente une étape historique et symbolique dans le rétablissement du statut des langues autochtones au Canada. La Chambre des communes mérite des félicitations pour avoir accepté de prendre des mesures dans ce sens. De plus, honorables sénateurs, nous pouvons être fiers du fait que le Sénat a donné l’exemple à cet égard.

Conformément à une motion adoptée par le Sénat en 2007 — c’est-à-dire il y a plus de 10 ans —, le Comité permanent du Règlement, de la procédure et des droits du Parlement a mené une étude afin de déterminer s’il était faisable de permettre aux sénateurs inuits de parler inuktitut au Sénat. À l’époque, il y avait deux sénateurs inuits : le sénateur Adams et le sénateur Watt.

Le Comité du Règlement a conclu que ce serait techniquement faisable si les sénateurs donnaient préavis de leur intention de parler dans leur langue autochtone, ce qui permettrait au Sénat de retenir les services d’un interprète.

À la suite de l’adoption du rapport du Comité du Règlement par le Sénat en mai 2008, sous la présidence de Noël Kinsella, nous avons eu le privilège d’entendre un sénateur inuit parler officiellement inuktitut pour la première fois au cours d’un débat officiel au Sénat, avec l’interprétation requise.

Ce fut un moment historique. Une telle chose ne s’était jamais produite au cours des 140 années précédentes de la Confédération. Cette initiative a aussi montré que le fait de permettre à un sénateur autochtone de s’exprimer dans sa langue maternelle est non seulement souhaitable, mais aussi tout à fait possible. Le rapport du Comité du Règlement s’ajoutait à cette importante avancée.

Qui plus est, en 2009, cela m’a incité à présenter un projet de loi sur la reconnaissance des langues autochtones au Canada.

Nous sommes ravis que la Chambre des communes ait adopté une approche semblable. Le Sénat devrait s’enorgueillir d’avoir ouvert la voie dans ce dossier, et, je le répète, c’est ce qu’il a fait, mesdames et messieurs les sénateurs, il y a plus de 10 ans.

Certains d’entre nous, moi y compris, ont été invités l’année dernière à témoigner à l’autre endroit pour décrire le travail accompli au Sénat et les leçons que les députés pourraient tirer de notre expérience. Le témoignage que nous avons donné se reflète dans le rapport du Comité de la procédure et des affaires de la Chambre qui a été adopté jeudi dernier par la Chambre des communes.

Je suis fier que le Sénat ait fait œuvre de pionnier dans ce dossier porteur de transformation et qu’il reconnaisse la dignité inhérente à la possibilité que les parlementaires autochtones parlent leur langue maternelle ancestrale dans les deux Chambres du Parlement canadien. Espérons que le gouvernement présente rapidement son propre projet de loi officiel sur la reconnaissance et la promotion des langues autochtones.