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La Semaine des soins palliatifs

La Semaine des soins palliatifs

La Semaine des soins palliatifs

L’honorable Jane Cordy : 

Honorables sénateurs, j’interviens aujourd’hui pour attirer votre attention sur la Semaine nationale des soins palliatifs. Du 5 au 9 mai, le Canada souligne la Semaine des soins palliatifs dont c’est la 19e édition. Il importe de prendre le temps de reconnaître à leur juste valeur les soins palliatifs, car la fin de vie, la mort, la perte et le deuil nous concernent tous. Nous devons faire tomber les mythes qui entourent le sujet et tâcher de nous sensibiliser mutuellement à la poursuite de l’excellence en matière de soins palliatifs au Canada.

Honorables sénateurs, j’aimerais aborder certains de ces mythes dont parle l’Association canadienne des soins palliatifs.

Premier mythe : les soins palliatifs ne visent que le soulagement de la douleur. Nous savons que les soins palliatifs comprennent aussi le soutien psychologique, social, affectif et spirituel, ainsi que du soutien aux proches aidants et du soutien pratique.

Deuxième mythe : les gens pensent qu’ils ne sont pas prêts à recevoir des soins palliatifs, alors qu’au moins 89 p. 100 des personnes atteintes d’une maladie potentiellement mortelle peuvent bénéficier de soins palliatifs.

Troisième mythe : recevoir des soins palliatifs, c’est admettre la défaite et parler de la mort avec mes proches leur cause du stress. Honorables sénateurs, les soins palliatifs visent à améliorer la qualité de vie des patients et des familles. Plus on parle de la mort et de la fin de vie, plus on facilite l’acceptation, et plus on comprend ce que sont les soins palliatifs et ce qu’ils peuvent nous apporter.

Honorables sénateurs, les soins palliatifs peuvent être offerts autant aux nouveaux-nés qu’aux adultes. Ils peuvent être prodigués à la maison, dans un établissement de soins de longue durée, dans une maison spécialisée ou à l’hôpital. Les patients, pour ne pas dire l’ensemble des Canadiens, ont tout à gagner en parlant des soins qu’ils veulent recevoir à la fin de leur vie. Nous devons encourager les gens à en discuter avec leur médecin, mais aussi avec leurs proches. C’est le seul moyen de faire respecter leurs dernières volontés. Pour rependre les mots de George Bernard Shaw :

Le plus grand problème en communication, c’est l’illusion qu’elle a eu lieu.

Ne considérons pas d’emblée que nos proches savent les soins que nous voulons recevoir à la fin de notre vie. Mieux vaut en parler le plus tôt possible parce que les soins palliatifs peuvent venir en aide aux patients et à leur famille dès que le diagnostic est posé; ils ne sont pas exclusivement réservés à ceux dont la mort est imminente.

Selon Statistique Canada, le nombre annuel de décès au Canada aura augmenté de 33 p. 100 d’ici 2020. Quant au nombre de Canadiens qui ont besoin de soins de fin de vie, il grimpe en flèche.

Honorables sénateurs, je vous invite à discuter publiquement de ce sujet. Nous devons réclamer que les soins palliatifs offerts dans une maison spécialisée soient de qualité si nous voulons que tous les Canadiens y aient accès. Je vous rappelle en terminant, honorables sénateurs, que la question n’est pas de savoir si nous mourrons, mais quand.