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La tarification du carbone

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La tarification du carbone

La tarification du carbone


Publié le 14 décembre 2016
Hansard et déclarations par l’hon. Paul Massicotte

L’honorable Paul J. Massicotte :

Madame la ministre, permettez-moi de vous féliciter, vous et votre gouvernement, pour l’excellent programme que vous avez mis en place vendredi dernier. Je tenais à vous en féliciter, car je crois que l’établissement d’un prix sur le carbone est un enjeu crucial.

Toutefois, comme vous le savez, vous n’en êtes encore qu’au début du processus. Le défi qui vous attend est colossal, et nous ne pouvons pas nous permettre un échec; les conséquences seraient trop graves.

Je m’inquiète toutefois du sort des grands employeurs du Canada, tributaires du commerce et à forte intensité d’émissions de gaz à effet de serre, car il est fort possible que le pays voisin impose une taxe sur le carbone beaucoup moins élevée que la nôtre.

Je sais que vous avez prévu de l’aide pour ces industries parmi les mesures que vous proposez. En tant que membre du Comité de l’énergie, j’ai rendu visite à certaines des entreprises concernées. Il est essentiel que nous agissions à cet égard.

Ma question est la suivante : que comptez-vous faire par rapport aux importations provenant de pays dont la taxe sur le carbone est moins élevée que la nôtre? Il est évident que nos entreprises seront moins concurrentielles que celles de ces pays. Allez-vous exiger des droits d’importations pour les entreprises et les produits concernés?

L’honorable Catherine McKenna, C.P., députée, ministre de l’Environnement et du Changement climatique : Je remercie l’honorable sénateur de ses félicitations. Je suis très fière de ce que tout le monde a réussi à accomplir ensemble. Cela a prouvé que notre fédération fonctionne véritablement.

L’incidence des mesures sur les secteurs tributaires des échanges commerciaux et sur les plus grands employeurs est une question cruciale. Nous devons y réfléchir attentivement. Comme je l’ai mentionné, les grandes entreprises canadiennes ont donné leur appui — ce qui constitue une autre preuve que les Canadiens peuvent unir leurs efforts. Elles nous ont dit : « Tarifez la pollution et nous innoverons. C’est la manière la plus efficace de réduire les émissions, et nous allons créer de bons emplois. »

Chaque province a des secteurs tributaires des échanges commerciaux. Les provinces doivent en être conscientes. Nous collaborons avec elles pour concevoir un système qui est logique.

La Colombie-Britannique a procédé en tenant compte de différents secteurs. L’Alberta a établi un système et a annoncé sa politique en matière de changements climatiques avec l’appui de l’industrie, des dirigeants autochtones et de la société civile. Je pense donc que c’est la voie à suivre.

Avec le premier ministre et en collaboration avec le ministre des Finances, nous nous sommes engagés à analyser notre compétitivité et à examiner la tarification du carbone afin de nous pencher sur cette question, car je pense que ce sera vraiment important à l’avenir. Je pense que, si nous ne perdons pas de vue ses répercussions, la mesure nous rendra plus concurrentiels, car elle créera des emplois et nous mettra en position de saisir d’autres possibilités au Canada et à l’étranger.

La société Teck Resources est l’une des entreprises qui réfléchissent avec d’autres membres de l’industrie et des groupes environnementaux à la question de la compétitivité. Il va de soi que nous travaillons avec eux.

Vous avez soulevé un point important en soulignant que certains produits étrangers ne seraient pas assujettis à une tarification de la pollution. À cet égard, les choses changent rapidement dans le monde. Je répète que la Chine impose une tarification de la pollution à l’échelle du pays. La Californie le fait également. Ainsi, la deuxième et la sixième économie au monde, l’Europe et d’autres pays, font la même chose.

À mon avis, il sera important, à l’avenir, d’examiner le programme d’échanges commerciaux internationaux et de rajuster le prix du carbone à la frontière. Il y a là une occasion à saisir. Le Canada a joué un excellent rôle dans les négociations commerciales internationales. Il a fait progresser le programme commercial. Je pense que nous voulons être concurrentiels, nous voulons réduire nos émissions, nous voulons créer des emplois. Il importe, selon moi, de nous assurer d’affronter la concurrence à armes égales.