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La traite de personnes

La traite de personnes

La traite de personnes

L’honorable Mobina S. B. Jaffer : 

Honorables sénateurs, aujourd’hui, je vais parler de l’un des problèmes graves les plus pressants dans le monde à l’heure actuelle, à savoir la traite de personnes, une épidémie. Ce problème touche un grand nombre d’enfants partout dans le monde. Pour la seule année 2012, ce sont plus de deux millions d’enfants qui ont été victimes de ce trafic et employés dans le commerce international du sexe. Ce chiffre augmente de façon constante.

Je m’occupe de cette question depuis une trentaine d’années. Au cours de cette période, j’ai eu l’occasion de collaborer avec International Justice Mission Canada, un organisme sans but lucratif qui œuvre avec les autorités pour secourir les victimes de la traite de personnes et les aider à se réinsérer dans la société. Pour illustrer le genre de travail qu’accomplit cet organisme, j’aimerais vous parler d’une jeune fille qu’il a secourue. Son nom est Sani.

À l’âge de 14 ans, Sani a fait la connaissance d’un homme qui lui a proposé un emploi dans une autre région du pays. Or, ce n’était pas un emploi qui attendait Sani : l’homme l’a droguée, puis l’a vendue à une maison de prostitution. Sani a d’abord refusé de rencontrer des clients, mais elle a été rouée de coups et enfermée dans une pièce pendant sept jours. Après qu’elle eût été violée pour la première fois, Sani a été transférée d’une maison de prostitution à une autre. C’est devenu sa vie. Sani recevait en moyenne 25 clients par jour.

Ce que Sani a vécu n’est que trop fréquent. En moyenne, en Asie du Sud, un trafiquant peut gagner entre 9 000 $ et 66 000 $ par année avec une seule fille. Dans ce contexte, les jeunes filles comme Sani ont peu d’espoir de recouvrer un jour leur liberté.

Fort heureusement, grâce à une opération de secours menée par le service de police local et appuyée par l’organisme International Justice Mission Canada, Sani a été libérée du bordel et elle a obtenu immédiatement des services de réhabilitation. Dans l’année qui a suivi sa délivrance, Sani s’est inscrite à un programme de soins infirmiers, qu’elle a suivi jusqu’au bout, se classant même au troisième rang dans sa classe. Elle est actuellement responsable de la gestion de l’unité de dialyse de l’hôpital.

Peu après sa libération, Sani a obtenu la permission d’un juge de participer à une opération visant à délivrer d’autres jeunes filles. Elle a conduit les policiers et les représentants de l’International Justice Mission à un bordel, où elle leur a montré toutes les cachettes. Neuf jeunes filles ont été secourues ce jour-là.

Les jeunes filles ne devraient jamais souffrir comme Sani. Le Canada doit participer aux efforts visant à mettre un terme à la traite de personnes. Hélas, le Canada se trouve actuellement au troisième rang dans une liste de 60 pays pour ce qui est de l’hébergement de sites web offrant de la pornographie juvénile en ligne. C’est inacceptable.

Honorables sénateurs, j’ai communiqué avec tous les députés et sénateurs pour les sensibiliser à cette question et je vais leur envoyer des lettres de suivi sous peu. Je vous exhorte à vous joindre à moi et à apposer des autocollants #NotOnMyScreen sur vos appareils électroniques, ainsi qu’à aider à mettre un terme à la traite des enfants à des fins de cybersexualité. Honorables sénateurs, au Canada et ailleurs dans le monde, des jeunes filles et des jeunes garçons ont besoin de votre appui. Je vous demande de leur accorder votre soutien.