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Le centième anniversaire de l’élargissement du droit de suffrage aux femmes de la Nouvelle-Écosse

Le centième anniversaire de l’élargissement du droit de suffrage aux femmes de la Nouvelle-Écosse

Le centième anniversaire de l’élargissement du droit de suffrage aux femmes de la Nouvelle-Écosse

L’honorable Jane Cordy : 

Honorables sénateurs, le 26 avril dernier, j’ai été très heureuse d’assister à l’événement soulignant le 100e anniversaire de l’élargissement du droit de suffrage aux femmes de la Nouvelle-Écosse. L’événement était organisé par l’honorable Arthur LeBlanc, lieutenant-gouverneur de la Nouvelle-Écosse.

L’événement a été aussi l’occasion idéale de célébrer plusieurs premières pour les femmes en Nouvelle-Écosse : Gladys Porter a été la première femme élue députée en 1960; Mary Helen Pierro, la première femme élue chef en 1962 aux termes de la Loi sur les Indiens dans la Première Nation de Wagmatcook; Coline Campbell, la première femme députée de la Nouvelle-Écosse; Alexa McDonough, la première femme à diriger un grand parti politique au Canada; et, enfin, Daurene Lewis, fut la première femme d’origine africaine élue maire à Annapolis Royal, en 1984.

Parmi les Néo-Écossaises présentes se trouvaient Rosemary Godin, une ancienne députée provinciale, Suzanne Lohnes-Croft, une députée provinciale en poste actuellement, Kelly Regan, la ministre de la Condition féminine, Diana Whalen, la première femme vice-première ministre en Nouvelle-Écosse, Mary Clancy, la première femme députée à représenter Halifax, Myra Freeman, la première femme à devenir lieutenante-gouverneure de la Nouvelle-Écosse, et Yvonne Atwell, la première députée provinciale africaine de la Nouvelle-Écosse.

Honorables sénateurs, en 1972, le premier ministre Trudeau a nommé pour la première fois une Néo-Écossaise, Margaret Norrie, au Sénat du Canada. À l’instar de sœur Peggy Butts, qui était la directrice de mon école secondaire, les sénatrices Bernard, Coyle et moi représentons aujourd’hui la Nouvelle-Écosse au Sénat.

Toutes ces femmes ont été nommées par des premiers ministres libéraux. Cinq femmes seulement ont été nommées depuis la Confédération; cela n’est pas vraiment extraordinaire.

Les femmes n’ont obtenu le droit de vote en Nouvelle-Écosse qu’en 1918. Avant, seules les citoyennes canadiennes de plus de 21 ans et propriétaires terriennes avaient le droit de voter. Les mêmes restrictions s’appliquaient aux hommes, mais peu de femmes possédaient des terres en Nouvelle-Écosse.

Le droit de vote a été étendu aux femmes en 1918. Cependant, les débuts de cette lutte en faveur du droit de vote des femmes, qui s’est traduite par la présentation de nombreux projets de loi à l’Assemblée législative de la Nouvelle-Écosse, a débuté en 1891. Malheureusement, le mouvement anti-suffragette à l’Assemblée législative de la Nouvelle-Écosse était puissant et s’ingéniait à bloquer ces projets de loi à toutes les étapes du processus législatif.

Pour justifier son opposition au projet de loi de 1893 visant à élargir le droit de vote aux femmes, le procureur général de la Nouvelle-Écosse, James Wilberforce Longley, a évoqué « le caractère sacré de la séparation des sphères, qui préserve les femmes de la bassesse de la politique ».

Au cours du débat de 1895, il a déclaré que les véritables fonctions des femmes étaient les suivantes. « La première et la plus importante fonction est de porter et d’élever des enfants. La deuxième consiste à créer un foyer et à agrémenter la vie de famille. La troisième est de charmer les hommes et de faire du monde un endroit plaisant et doux, où il fait bon vivre. Leur quatrième fonction est de se montrer gentilles, aimantes, douces, vulnérables et naïves, de se laisser chérir et d’être l’objet de la dévotion de l’homme. »

En réponse à ses commentaires émis en 1893, le Halifax Herald a publié une lettre d’opinion qui disait ce qui suit :

En dépit du respect que nous devons à M. Longley pour son désir chevaleresque de nous défendre contre nos comportements d’autodestruction, nous courrons le risque d’un vote tous les quatre ans, malgré le danger qu’il représente pour notre délicate « fibre morale ». En dépit de ce que laissent entendre les discours ronflants de M. Longley, ce ne sont pas les charmes, mais les bulletins de vote qui comptent auprès des politiciens.

Honorables sénateurs, les hommes et les femmes qui ont dirigé la Nouvelle-Écosse ont travaillé fort pour améliorer les perspectives offertes aux femmes de ma province. Les femmes ont fait beaucoup de chemin depuis la Confédération, une époque à laquelle elles n’avaient pas le droit de vote. Après les élections fédérales de 2015, ce fut une bouffée d’air frais de voir qu’on nommait un Cabinet composé à 50 p. 100 de femmes.

Je remercie l’honorable Arthur LeBlanc d’avoir commémoré les réalisations et les contributions des femmes de la Nouvelle-Écosse. Plusieurs d’entre elles ont abattu des barrières et défoncé des portes pour les autres politiciennes. Ce fut un plaisir de célébrer leur mémoire. Merci.