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Le changement du nom d’un lac pour rendre hommage aux femmes cries

Le changement du nom d’un lac pour rendre hommage aux femmes cries

Le changement du nom d’un lac pour rendre hommage aux femmes cries

L’honorable Lillian Eva Dyck : 

Honorables sénateurs, en tant qu’orateurs, vous êtes bien placés pour savoir que les mots ont du poids. Les mots nous touchent de bien des manières; ils peuvent être beaux ou laids, bénéfiques ou néfastes.

Kellie Wuttunee, qui travaille comme avocate pour le Cercle des femmes autochtones de la Saskatchewan, a été directement placée devant cette vérité lorsqu’elle s’est perdue l’an dernier près d’un groupe de lacs, non loin d’Unity, en Saskatchewan. Essayant de se localiser avec Google Maps, elle apprend alors que le lac près duquel elle a stationné sa voiture se nomme Killsquaw. L’horreur, la colère et la stupéfaction s’emparent alors d’elle.

Mme Wuttunee tente immédiatement de communiquer avec des aînés et d’autres membres de sa communauté pour essayer de comprendre comment ce lac, situé à seulement 20 kilomètres de chez elle, en est venu à porter ce nom horrible. En effet, ce nom souligne le massacre d’un groupe de femmes cries par des soldats pieds-noirs il y a plus d’un siècle.

À la suite d’une longue période de consultations qui s’est échelonnée sur plus d’un an, on a décidé que ce groupe de lacs porterait un nouveau nom : Kikiskitotawânawak Iskêwak. Ces mots en langue crie se traduisent par « nous honorons les femmes ». Mme Wuttunee a présenté une demande officielle de changement de nom au gouvernement provincial, qui l’a accepté sans hésitation et l’a approuvé officiellement le 20 novembre.

Mme Wuttunee a été des plus éloquente à propos de l’importance que revêt ce changement de nom. Elle a dit ce qui suit :

Les mots sont puissants; les noms sont puissants. Ils contribuent à notre identité et, en prenant de telles mesures, nous nous rappelons et nous informons le monde que nous pouvons apprendre de nos erreurs et aller de l’avant ensemble […] Même si ce n’était pas intentionnel, le nom précédent était préjudiciable. En renommant le lac, nous donnons une voix aux femmes qui ont été réduites au silence […] si nous voulons respecter et honorer les femmes des Premières Nations comme il se doit, nous ne pouvons plus avoir des noms géographiques dégradants en Saskatchewan.

Beaucoup de gens ont été encouragés par le fait que le projet était dirigé par des femmes. La chef Sylvia Weenie, de la Première Nation Stoney Knoll, qui était également conseillère culturelle du projet, a déclaré ceci : « En tant qu’aidantes naturelles et bienfaitrices de notre nation, nous sommes l’épine dorsale de nos nations […] C’était vraiment incroyable de voir les femmes se rassembler pour veiller à la bonne marche du projet. C’est important pour elles. »

Le changement de nom est particulièrement important parce qu’il permettra aux futurs enfants des Premières Nations d’apprendre leur histoire de façon positive. Je remercie Kellie Wuttunee, la chef Sylvia Weenie, les aînés et toutes les autres personnes qui ont participé au processus. Merci.