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Le décès d’Aneez Sherali Bandali Jaffer

Le décès d’Aneez Sherali Bandali Jaffer

Le décès d’Aneez Sherali Bandali Jaffer

L’honorable Mobina S. B. Jaffer : 

Honorables sénateurs, lorsque le Sénat a ajourné en juin, j’ai pensé que l’été serait pour moi l’occasion de passer du temps avec mes concitoyens de la Colombie-Britannique et avec la marine, d’assister au mariage de mon neveu, de prendre part à des réunions de famille et de passer de bons moments avec mes petits-enfants.

J’ai rapidement appris que le Créateur avait des projets différents pour moi.

Au début de l’été, j’ai reçu un diagnostic de cancer. Cette nouvelle m’a terriblement ébranlée ― ainsi que ma famille ―, mais je reste confiante, sachant que nous persévérerons ensemble.

Peu de temps après que j’ai reçu ce diagnostic, mon jeune frère Aneez est venu à Vancouver pour le mariage de son fils. C’était tout un défi d’être le seul homme dans une maison pleine de femmes fortes aux opinions bien arrêtées, mais Aneez s’est toujours montré gentil, patient et très généreux avec tout le monde, particulièrement les gens dans le besoin.

Mon frère m’a dit : « Tu ne vas nulle part. Tu ne peux me laisser tout seul ». Qu’a-t-il fait ensuite? Il est parti et il m’a laissée.

Peu de temps après notre conversation, Aneez est décédé subitement dans son sommeil, laissant derrière lui Naz, son épouse aimante, et ses enfants, Alicia, Azhar et Kanu, qui l’ont toujours soutenu. Il a aussi laissé dans le deuil tous les membres de notre famille, à qui il manque de plus en plus au fil des jours.

Cet été, j’ai non seulement été mise à l’épreuve sur les plans physique et émotionnel, mais j’ai également été forcée de réapprendre les quatre grandes leçons que voici.

Première leçon : honorables sénateurs, employés du Sénat, de l’administration et de la sécurité, avec qui j’ai le privilège de travailler, vous êtes bien davantage que de simples collègues, vous faites partie de ma famille. Je vous remercie de votre bonté, de votre appui et de vos prières. Je remercie également le Président Furey de ses appels fréquents et les sénateurs Day, Mercer et Downe, dirigeants de notre caucus, ainsi que les sénateurs Harder et Woo, de leur appui. Merci encore.

Sénateur Smith, lorsque j’ai lu votre gazouillis qui disait: « Prières et meilleurs vœux de votre famille du Sénat », je me suis sentie privilégiée. J’ai le sentiment de vraiment faire partie de la grande famille que forme le Sénat.

Deuxième leçon : j’ai la chance de compter sur une équipe remarquable dont la loyauté est illimitée. Je remercie Chris et Donna Shingera, Gavin Jeffray, Seema Rampersad, Melina Bouchard, Safiya Dossa et Alex Mendes d’être à mes côtés.

Troisième leçon : on peut toujours compter sur les vrais amis quand on a besoin d’eux. Lorsque les gens ont appris mon diagnostic, des amis auxquels je n’avais pas parlé depuis l’époque où j’ai dû quitter mon pays d’origine comme réfugiée m’ont donné signe de vie. Ils m’ont offert leur amour, leur soutien et leurs prières. Certains m’ont même dit qu’ils étaient prêts à venir prendre soin de moi.

Quatrième leçon : ne jamais faire comme si les membres de la famille étaient éternels. Il faut savourer chaque instant avec eux, chaque rire et chaque larme. Merci à la formidable famille de mon mari, à Shenin Mohamed, à mes sœurs, Zenobia, Nimet, Bergees et Umeshaffi, à mes beaux-frères, Karim, Adil et Farouk, ainsi qu’à mes neveux et nièces, qui ont su bien m’entourer.

Ma sœur, Zenobia, est présente aujourd’hui pour me soutenir. Elle sera à mes côtés pendant tout le mois pour que je puisse faire mon travail de sénatrice.

Honorables sénateurs, ceux envers lesquels j’éprouve le plus de gratitude, ce sont mon mari, Nuralla, mes enfants, Shaleena, Azool et Farzana, ainsi que mes petits-enfants, Ayaan et Almeera. Merci de n’avoir eu de cesse de me faciliter la vie. Vous me donnez envie de vivre.

Mesdames et messieurs les sénateurs, j’espère bien pouvoir travailler à vos côtés pendant encore très longtemps. Je n’ai pas l’intention de vous quitter.