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Le décès de l’honorable Allan J. MacEachen, C.P., O.C.—Hommage

Le décès de l’honorable Allan J. MacEachen, C.P., O.C.—Hommage

Le décès de l’honorable Allan J. MacEachen, C.P., O.C.—Hommage

Le décès de l’honorable Allan J. MacEachen, C.P., O.C.—Hommage


Publié le 26 septembre 2017
Hansard et déclarations par l’hon. Jim Munson

L’honorable Jim Munson :

Honorables sénateurs, je me trouvais à l’extérieur du pays au moment où Allan J. MacEachen s’est éteint à l’âge de 96 ans. Il s’agit donc de la première occasion pour moi de parler du M. MacEachen que j’ai connu. Mon témoignage s’ajoute à beaucoup d’autres anecdotes personnelles.

Imaginez que vous soyez un jeune journaliste couvrant la Colline du Parlement en 1976. C’est l’une des premières fois que vous partez à l’étranger, et vous êtes, en plus, en compagnie d’un ministre. M. MacEachen était ministre des Affaires extérieures. J’étais là, assis à l’étroit dans un avion très lent avec des représentants du gouvernement, des diplomates et quatre journalistes d’expérience. J’ai dû me pincer. Comment avais-je réussi à me trouver là? Notre périple devait nous mener en Israël, en Irak, en Arabie saoudite et en Jordanie.

Il y avait une controverse à Ottawa. Je sais que c’est difficile à croire aujourd’hui, mais il y avait un débat concernant les dépenses au Canada. Les frais de déplacement du gouvernement étaient trop élevés. Pour faire des économies, le frugal M. MacEachen avait pris un vieux Convair 1948 à turbopropulseurs pour se rendre à Riyad. Le ministre devait vendre de nouvelles technologies à l’Arabie saoudite. Je me demande ce que les Saoudiens ont pensé lorsqu’ils ont vu notre vieil appareil atterrir. Soit dit en passant, nous avons également visité Bagdad, où un monsieur du nom de Saddam Hussein cherchait à prendre le pouvoir, mais c’est une autre histoire.

L’anecdote se déroule à Amman, en Jordanie, où un dîner officiel était donné en l’honneur du ministre. Lui et le roi Hussein s’étaient entendus à merveille pendant leurs rencontres quotidiennes, mais, malgré cela, personne n’oserait arriver en retard à un dîner avec le roi. Devinez quoi? Allan MacEachen l’a fait, mais il ne s’agissait pas d’une rebuffade. Le dîner, et le roi, devaient attendre, car des gens de sa circonscription au Cap-Breton éprouvaient de graves problèmes.

Le ministre attendait patiemment que son appel soit acheminé. Nous sommes en 1976 : il fallait beaucoup de temps avant d’établir la connexion pour un appel international. Finalement, M. MacEachen a obtenu la communication avec le magasin général d’Inverness. Il voulait s’assurer que les membres d’une famille qui avaient tout perdu dans un incendie ne manquaient de rien pendant son absence. Il voulait qu’ils sachent qu’il était là pour les aider. On entendait toute la compassion et l’empathie dans sa voix.

Pendant qu’il était au téléphone, j’étais dans sa chambre d’hôtel, et je m’apprêtais à donner une entrevue à la radio sur les sujets chauds de l’heure au Moyen-Orient. Cependant, dans le monde des nouvelles, toutes les nouvelles sont locales, et j’avais une anecdote parfaite. Je crois, sans en être certain, que le roi a compris.

Honorables sénateurs, ces derniers jours, on a écrit de nombreux récits à propos du seigneur du Cap-Breton et de son engagement envers l’assurance-santé, le Régime de pensions du Canada et le salaire minimum. Or, cette histoire porte sur l’Allan J. MacEachen que j’ai moi-même appris à connaître, qui a dit un jour : « Peu importe l’importance qu’il se donne à Ottawa, un député qui n’a pas d’importance aux yeux des gens de sa circonscription ne restera pas à Ottawa bien longtemps. »

Merci, honorables sénateurs.