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Le Sénat

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L’honorable Dennis Dawson : 

Hier, lorsque j’ai demandé d’être inscrit sur la liste de ceux qui prendront la parole aujourd’hui, j’avais en tête un sujet tout à fait différent, mais, puisque nous ne siégerons pas demain, il s’agit d’une occasion solennelle.

Je suis arrivé au Parlement, à l’autre endroit, il y a 41 ans. Je pense que, à l’exception de mon parrain, ami et collègue, Serge Joyal, personne d’autre dans ce Parlement n’est ici depuis aussi longtemps. En entrant ici ce matin, j’ai pris un moment très solennel pour reconnaître que c’est la dernière fois que j’aurai l’occasion, dans cet édifice, dans les deux Chambres, de me remémorer et de remercier mes collègues avec qui je travaille depuis toutes ces années.

J’ai été très ému par le discours du sénateur Brazeau, hier, sur la détresse et sur la solidarité. Cette Chambre pourrait parfois faire preuve d’un peu plus de solidarité. C’est l’esprit de Noël, après tout. C’est certainement un geste qu’on devrait poser plus souvent.

Le sujet que j’avais choisi était beaucoup plus sérieux, mais il n’était pas sensible au facteur temps. Je reviens dans l’histoire, que ce soit le mariage entre partenaires de même sexe ou les droits de la personne. J’ai prononcé un discours cette semaine à l’occasion du 70e anniversaire des droits de la personne. Vous savez, lorsque je suis arrivé ici il y a 41 ans, il n’y avait que quatre ou cinq femmes en Chambre. Il n’y avait même pas de toilettes pour femmes à la Chambre des communes, mais les droits des femmes étaient au cœur de nos priorités. Nous cherchions à établir la parité. Nous avons fait beaucoup de progrès depuis cette époque, mais nous avons encore beaucoup de travail à faire.

Nous avions tendance à tenir nos droits pour acquis. Prenons l’exemple des droits des francophones en Ontario, qui semblaient être quelque chose de garanti, de gagné, de fait. Le mois dernier, nous avons vu un recul. Selon moi, les droits ne sont pas quelque chose qu’il faut regarder dans un rétroviseur. Il faut tourner notre regard vers l’avenir. Il ne faut jamais tenir pour acquis que nos droits sont gagnés pour toujours. Je travaille avec plusieurs d’entre vous, y compris ma collègue, la sénatrice Ataullahjan, pour défendre les droits internationaux des personnes LGBTI. Encore aujourd’hui, en 2018, certaines personnes sont emprisonnées et même exécutées à cause de leur orientation.

Ici au Canada, nos droits semblent acquis, mais si nous souhaitons continuer d’être une source d’inspiration — comme nous l’avons été pour les femmes, les langues, le mariage de même sexe — et faire évoluer les droits de la personne partout dans le monde, nous devons maintenir cette volonté de regarder non pas les progrès que nous avons accomplis, mais les progrès que nous devons réaliser. Nous ne devons jamais tenir nos gains pour acquis, nos gains, particulièrement pour ce qui est des collègues francophones hors Québec dont les droits sont menacés, encore aujourd’hui.

[Traduction]

À l’instar de notre ami, l’honorable sénateur Baker, je dirai que, puisque j’ai dit que je serais bref, je tiens à profiter de cette occasion pour souhaiter à tous un merveilleux congé de Noël. J’allais prendre la parole demain, mais, puisque nous ne siégerons pas, je tiens à vous remercier tous. Lorsque j’ai été malade, j’ai été heureux de savoir que je pouvais compter sur vous, et, si cela vous arrivait, vous pourrez compter sur moi.