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Motion au sujet du site web de l’honorable sénatrice Lynn Beyak

Motion au sujet du site web de l’honorable sénatrice Lynn Beyak

Motion au sujet du site web de l’honorable sénatrice Lynn Beyak

L’honorable Sandra M. Lovelace Nicholas : 

Honorables sénateurs, je tiens à appuyer la motion no 302. Certains de mes collègues ont déjà parlé avec beaucoup d’éloquence à ce sujet, et je tiens maintenant à donner mon point de vue en tant que représentante des Premières Nations au Sénat.

Chers collègues, j’ai été victime de racisme et exposée à la haine la majeure partie de ma vie, mais jamais je n’aurais cru que je devrais lutter contre le racisme au Sénat, institution que la plupart des Canadiens tiennent en haute estime.

Dans mon enfance, lorsque je me rendais à pied à l’école, on me traitait de « sale squaw » et on faisait des gestes inconvenants à mon endroit. J’avais honte même si, à l’époque, je ne comprenais pas ce qu’était le racisme. Honorables sénateurs, ce n’est là qu’une infime partie de ce que j’ai vécu en tant qu’Autochtone.

Le racisme peut détruire votre esprit, vos efforts et votre confiance, même à un âge où on ne comprend pas vraiment pourquoi on se fait humilier.

Honorables sénateurs, quand vous grandissez et comprenez ce qu’est réellement le racisme, certaines parties de votre esprit — votre âme et votre dignité — sont détruites. Ces émotions peuvent revenir vous hanter.

Je suis d’accord avec les Premières Nations et les Canadiens pour dire que la sénatrice Beyak devrait retirer les publications racistes de son site web. Peu après la diffusion des publications, un groupe de nationalistes blancs a revendiqué la responsabilité de graffitis racistes envers les Premières Nations qui ont été peints à l’Université du Nouveau-Brunswick. On ne devrait pas attiser la haine dans la population.

Le fait que la sénatrice Beyak ait été autorisée à continuer de défendre les commentaires haineux publiés sur son site web est extrêmement décevant. À mon avis, elle ne comprend peut-être pas ce qui constitue du racisme et pourrait bénéficier d’un cours de sensibilisation à la diversité.

Dans cette Chambre privilégiée, où les sénateurs défendent les droits des minorités et des démunis, le moindre signe de racisme par l’un de ses membres doit être dénoncé.

Honorables sénateurs, les Canadiens nous ont à l’œil. Nous nous devons donc d’observer les normes les plus strictes en matière de tolérance et d’égalité. Je vous remercie.