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Motion sur le Myanmar et le peuple rohingya

Motion sur le Myanmar et le peuple rohingya

Motion sur le Myanmar et le peuple rohingya

L’honorable Jane Cordy : 

Honorables sénateurs, avant toute chose, je tiens à remercier la sénatrice McPhedran, qui a présenté la motion à l’étude, ainsi que tous les sénateurs qui sont déjà intervenus. Je suis heureuse de participer aujourd’hui au débat sur la motion 476 sous sa forme modifiée.

Honorables sénateurs, nos collègues ont déjà rappelé que les Rohingyas ont dû fuir les violentes attaques du gouvernement du Myanmar. Étant donné la gravité des violations des droits de la personne perpétrées contre les Rohingyas, le Comité sénatorial permanent des droits de la personne s’est réuni à plusieurs reprises pour faire un suivi de cette situation qui représente selon moi, et peut-être selon nous tous, une crise humanitaire.

Comme vous le savez, l’honorable Bob Rae a été nommé envoyé spécial du premier ministre auprès du Myanmar. Notre comité a eu le privilège d’entendre M. Rae parler du travail que lui-même et d’autres personnes accomplissent, et de discuter de ses constatations.

Honorables sénateurs, le témoignage de M. Rae a été l’un des plus percutants et des plus émouvants que j’aie entendus dans les comités du Sénat. M. Rae a dit craindre que des personnes perdent la vie. Il a aussi affirmé que les droits fondamentaux des Rohingyas ne sont pas respectés. Voici un extrait de son témoignage :

Les droits fondamentaux de la personne n’ont pas été respectés vis-à-vis des Rohingyas, leurs droits politiques n’ont pas été respectés et ils constituent maintenant la plus grande population apatride au monde.

(1710)

Dans le monde dans lequel nous vivons, être apatride, c’est être privé d’un lieu de vie, de droits, de la capacité de se déplacer, de la liberté de mouvement, de la liberté d’expression, de la capacité de dire ce que vous pensez et de savoir où vous serez demain. Voilà la tragédie à laquelle nous sommes confrontés.

Au comité, lorsque la sénatrice Hartling a demandé à M. Rae de parler des conséquences émotionnelles qu’il a subies après son expérience dans le camp rohingya, ce dernier avait beaucoup de choses à dire, mais je vais raconter une histoire qui a retenu mon attention :

J’ai raconté l’histoire à maintes reprises, lorsqu’un homme à qui j’ai parlé s’exprimait très clairement, en contrôle de ses émotions et de façon responsable. Nous avons eu une très bonne conversation sur ce qui lui était arrivé, sur la discrimination dont il avait été victime et sur les difficultés qu’il avait dû surmonter pour aller à l’université, et dans la vie en général. Lorsque je lui ai dit au revoir, j’ai ajouté : « J’irai faire rapport à notre premier ministre. Qu’aimeriez-vous vous que je lui dise? » Il m’a attrapé par le bras et il a commencé à pleurer. Il m’a tenu le bras pendant un bon moment et m’a enfin dit : « Dites-lui que nous sommes humains. »

Honorables sénateurs, le Comité des droits de la personne a rédigé un rapport provisoire sur la crise des réfugiés rohingyas. Le rapport s’intitule Un océan de misère. Ce titre vous donne peut-être une idée de quelques-uns des témoignages que nous avons entendus. Ce titre a été inspiré par Kutupalong, le plus vaste camp de réfugiés du monde, qui a été décrit à notre comité comme un « océan de misère ». Comme l’indique notre rapport : « Les installations sanitaires, la nourriture, les abris ainsi que l’accès à l’éducation et à des services médicaux sont, au mieux, limités. »

Honorables sénateurs, la violence sexuelle, la traite des personnes, la toxicomanie et la radicalisation sont répandues dans le camp. C’est une situation de crise.

Je remercie la sénatrice McPhedran de présenter sa motion, qui attire l’attention du Sénat et des Canadiens sur la crise des Rohingyas.

Honorables sénateurs, lorsqu’il y a des atteintes aux droits de la personne dans un pays lointain, il est parfois facile de changer de chaîne de télévision ou de ne pas regarder les documentaires sur nos iPad. Je pense que, comme parlementaires, nous devrions suivre la crise des Rohingyas avec vigilance. Je crois, en fait, que nous avons la responsabilité de suivre la crise des Rohyngyas. Je crois aussi que la motion de la sénatrice McPhedran le reconnaît aussi.

Honorables sénateurs, comme je l’ai dit auparavant, les Rohingyas sont en situation de crise. Ils ont dû fuir leur propre pays en raison des graves violations des droits de la personne à leur endroit. Le peuple rohingya, la plus grande population sans État dans le monde, a besoin du soutien des pays comme le Canada. Sa voix doit se faire entendre. Il doit être respecté par la communauté internationale, qui travaille à résoudre cette crise.

Honorables sénateurs, j’aimerais demander que nous nous souvenions des paroles rapportées par Bob Rae à notre comité, les paroles qu’un homme et ceux qui vivent dans le camp des réfugiés lui ont demandé de rapporter au premier ministre : « dites-leur que nous sommes des êtres humains ». Merci.

Des voix : Bravo!