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Motion tendant à exhorter le gouvernement du Myanmar à mettre un terme à la violence et aux violations graves de la personne contre les musulmans rohingyas

Motion tendant à exhorter le gouvernement du Myanmar à mettre un terme à la violence et aux violations graves de la personne contre les musulmans rohingyas

Motion tendant à exhorter le gouvernement du Myanmar à mettre un terme à la violence et aux violations graves de la personne contre les musulmans rohingyas

L’honorable Jim Munson : Honorables sénateurs, je tiens à remercier la sénatrice Ataullahjan d’avoir attiré l’attention du Sénat et du Comité sénatorial des droits de la personne sur la crise que vivent les Rohingyas.

La sénatrice Ataullahjan et moi faisons partie du Comité des droits de la personne depuis quelques années déjà. Elle en est même vice-présidente, et je dois dire qu’elle se donne corps et âme pour la défense des droits de la personne, que ce soit ici, au Canada, ou ailleurs dans le monde. J’ai été frappé par son sens de l’initiative lorsqu’elle est venue me dire, un jour, que nous devions faire une étude sur les réfugiés syriens. C’est ce que nous avons fait, et nous avons pu contribuer au débat en recommandant au gouvernement du Canada de garder l’œil ouvert.

Les nouvelles qui font la une sont vite oubliées. Les gens ne savent plus ce qui se passe en Syrie aujourd’hui et ce qu’il advient des réfugiés. Il en va de même des Rohingyas.

La sénatrice Ataullahjan fait preuve d’une grande persévérance dans ses efforts pour que l’on fasse cesser ce drame et pour que l’on s’intéresse aux difficultés des réfugiés.

La présente motion demande au gouvernement du Canada d’exhorter le gouvernement du Myanmar à mettre fin immédiatement à la violence et aux violations des droits de la personne subies par les Rohingyas, à respecter la Déclaration universelle des droits de l’homme et à autoriser les observateurs indépendants à se rendre dans ce pays, en particulier dans l’État de Rakhine.

Le Canada a l’obligation d’en faire plus. Il a envoyé de l’argent et d’autres ressources dans la région. Le Canada est très bien placé pour agir. Nous jouissons d’une excellente réputation et d’une grande crédibilité lorsqu’il est question de la défense des droits de la personne. C’est ce que nous pensons, du moins au sein du Comité des droits de la personne.

Je joins ma voix à celle de la sénatrice Ataullahjan pour exhorter le gouvernement à faire un pas de plus. Je signe cet appel à l’action en compagnie des sénatrices Jaffer, Omidvar et McPhedran, qui, dans leurs interventions, ont appuyé cette motion avec passion.

Chers collègues, comme vous le savez, le Comité sénatorial des droits de la personne a tenu des réunions publiques sur cette crise. Les témoignages à fendre le cœur que nous avons entendus décrivaient des violations choquantes et monstrueuses des droits de la personne. Ce qui s’est passé et ce qui se passe encore dans ce pays est épouvantable, mais on n’en parle pas dans les manchettes aujourd’hui. Les Rohingyas subissent les pires violations que l’on puisse imaginer : torture, viols, agressions de jeunes enfants, villages incendiés et rasés. Plusieurs sont morts en fuyant leur foyer et en essayant de gagner le Bangladesh afin d’échapper à l’armée de leur pays. Au Bangladesh, près de la frontière avec le Myanmar, se trouvent d’innombrables demandeurs d’asile. Comme nous l’avons entendu, plus d’un demi-million de réfugiés rohingyas se sont rendus dans le pays voisin. La population locale et les organismes d’aide humanitaire n’ont pas les moyens d’aider les réfugiés qui affluent constamment, et ils sont sérieusement à court de ressources.

À la fin de la semaine dernière, Aung San Suu Kyi a annoncé qu’un organisme civil serait mis sur pied, avec du soutien de l’étranger, pour porter assistance aux Rohingyas et les aider à se réinstaller dans l’État de Rakhine. J’ai trouvé cette annonce encourageante. Pour venir en aide aux Rohingyas, il est essentiel de permettre à la communauté internationale de fournir de l’aide dans la région et de faire du rapatriement de ceux qui ont fui une priorité.

L’annonce représente une lueur d’espoir, mais Aung San Suu Kyi est demeurée trop silencieuse et nous ne pouvons pas nous contenter d’espérer. Nous avons besoin de remettre les pendules à l’heure. Ce qui est fait est fait et nous ne pouvons pas l’ignorer.

Comme le montrent mes courts commentaires, je suis d’accord avec mes collègues. La communauté internationale a besoin d’accéder à l’État de Rakhine pour évaluer les répercussions du conflit. Le Myanmar devrait permettre à la communauté internationale de pénétrer sur son territoire afin de fournir de l’aide humanitaire et de contribuer à la recherche d’une solution paisible au conflit.

Honorables sénateurs, le Canada peut en faire encore beaucoup plus pour aider les Rohingyas. C’est pour cette raison que nous devons adopter la motion de la sénatrice Ataullahjan.

J’ai beaucoup réfléchi aujourd’hui. Dans le cadre de mon ancienne carrière de 35 ans en tant que journaliste, j’ai couvert beaucoup de crises et de catastrophes dans le monde. Il nous arrive d’être motivés à titre de pays. Lorsque j’ai visité les camps de réfugiés du Cambodge, j’ai vu des enfants atteints de déficiences intellectuelles et physiques et des bébés qui avaient essentiellement été jetés aux poubelles dans les rues de Phnom Penh et je me suis demandé à l’époque qui s’occuperait de ces enfants. J’ai donc essayé de faire un ou deux reportages sur le sujet afin de sensibiliser les Canadiens à la situation. Ces reportages ont permis aux ONG qui travaillaient dans la région de recueillir plus d’argent de la communauté canadienne. Nous nous concentrons sur ces événements pendant un certain temps. Ensuite, l’histoire et les gros titres disparaissent.

J’ai toujours cru que, si j’avais l’occasion d’en faire davantage à ce sujet, je le ferais. Eh bien, je n’ai jamais pensé que je me retrouverais au Sénat du Canada. Ce n’était pas dans mes plans. Je croyais être journaliste à jamais, que je poserais toujours des questions, que je serais éternellement curieux et que je tenterais sans cesse d’en apprendre davantage. Par contre, j’ai maintenant la chance de pouvoir me prononcer. Je suis président du Comité des droits de la personne et j’ai la chance de travailler avec la sénatrice Ataullahjan et d’autres sénateurs, notamment la sénatrice Omidvar. Nous devons nous rappeler, jour après jour — on vient d’ailleurs de fêter l’Action de grâces —, à quel point la vie est confortable et douillette pour la plupart d’entre nous. Ce n’est peut-être pas le cas pour tout le monde, mais nous vivons dans un pays merveilleux, et le Canada est un pays d’une générosité extraordinaire.

Le sénateur Norman Doyle, de Terre-Neuve-et-Labrador, a mentionné à quel point on gaspille la nourriture au pays. On la jette; on ne prend même pas la peine de la regarder. Pourriez-vous imaginer un plan Marshall visant à partager les belles ressources que nous avons avec quiconque en a besoin dans le monde?

Ce n’est pas ce qui se passe aujourd’hui. Il est question d’une toute petite région du monde, mais c’est grave. Les Rohingyas ne font peut-être pas la une des journaux aujourd’hui, mais ils souffrent quand même. Imaginez plus de 500 000 personnes qui n’ont pas de foyer : un demi-million! Imaginez un peu. Je vous remercie, honorables sénateurs.