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Motion tendant à réaffirmer l’importance des deux langues officielles

Motion tendant à réaffirmer l’importance des deux langues officielles

Motion tendant à réaffirmer l’importance des deux langues officielles

L’honorable Joseph A. Day (leader des libéraux au Sénat) :

Honorables sénateurs et sénatrices, je prends la parole aujourd’hui pour appuyer la motion de la sénatrice Miville-Dechêne. Je me joins à mes collègues pour exprimer le chagrin que me cause la décision du gouvernement de l’Ontario de ne pas poursuivre l’établissement de la nouvelle Université de l’Ontario français à Toronto.

Cette annonce est une grande déception pour les Franco-Ontariens et les Franco-Ontariennes. L’institution apportait de l’espoir aux francophones de cette province, surtout ceux et celles qui ne voulaient ou ne pouvaient déménager afin de poursuivre leurs études postsecondaires. Tous s’attendaient à ce que leurs besoins en matière d’éducation soient satisfaits.

Dans ma province natale, nous sommes privilégiés d’avoir l’Université de Moncton comme option pour tous ceux et celles qui veulent continuer leurs études postsecondaires en français. L’Université de Moncton, fondée en 1963, est la plus grande université canadienne de langue française à l’extérieur du Québec. Elle regroupe trois campus situés dans les trois régions francophones du Nouveau-Brunswick, soit le campus d’Edmundston, le campus de Moncton et le campus de Shippagan.

Il est intéressant de noter que le petit Collège Saint-Joseph de Memramcook, le premier collège acadien, fondé en 1864, est à l’origine du campus de Moncton. Le Collège du Sacré-Coeur de Caraquet, qui a pris par la suite le nom de Collège de Bathurst, est, quant à lui, à l’origine du campus de Shippagan. Finalement, l’histoire du campus d’Edmundston a commencé avec le Collège Saint-Louis, qui est ensuite devenu l’Université Saint-Joseph.

Depuis sa fondation en 1963, l’Université de Moncton a remis plus de 50 000 diplômes. L’université comprend maintenant une faculté de droit et d’ingénierie, ainsi qu’un centre de formation médicale. L’université que nous connaissons aujourd’hui a beaucoup changé depuis ses débuts. Elle est née de l’idée que les Acadiens et les Acadiennes méritaient d’avoir leur propre institution afin d’avoir accès à une éducation postsecondaire dans leur langue. En outre, ils étaient convaincus de l’importance d’une institution qui refléterait leur culture et servirait à la promotion et à la protection de la langue française.

L’un des plus fiers Acadiens que j’ai connus, notre ancien collègue et ancien Président de cette Chambre, le très honorable Roméo LeBlanc, est diplômé de l’Université Saint-Joseph. Je me souviens très bien du jour où il a été assermenté ici à titre de gouverneur général. Il était entouré de plusieurs fiers Acadiens et Néo-Brunswickois. Il est devenu professeur au Collège Saint-Louis, à Edmundston, pour ensuite devenir chancelier de l’Université de Moncton, de 2001 à 2004.

[Traduction]

J’aimerais aussi vous parler des réalisations du Collège militaire royal du Canada et du Collège militaire royal de Saint-Jean. Grâce à ces formidables institutions, anglophones et francophones peuvent travailler et apprendre ensemble, puis, au terme de leur formation, obtenir ensemble leur diplôme et devenir de fiers membres bilingues des Forces armées canadiennes.

Il ne fait aucun doute qu’une université peut contribuer à préserver la langue et la culture des francophones ainsi qu’à promouvoir le bilinguisme au sein d’une communauté…

Son Honneur le Président : Je suis désolé de vous interrompre, sénateur Day, mais il est maintenant 18 heures. Par conséquent, à moins que nous décidions de ne pas tenir compte de l’heure, je dois quitter le fauteuil jusqu’à 20 heures.

Vous plaît-il, honorables sénateurs, de ne pas tenir compte de l’heure?

Des voix : D’accord.

Son Honneur le Président : Merci. Veuillez poursuivre, sénateur Day.

Le sénateur Day : Merci, Votre Honneur. Le projet d’université francophone à Toronto a été proposé exactement pour cette raison, c’est-à-dire préserver la culture des francophones en Ontario, en plus de promouvoir l’utilisation du français et le bilinguisme. Les langues officielles sont généralement la responsabilité du gouvernement fédéral, qui contribue à la préservation et à la protection des langues officielles.

Ce projet relève du domaine l’éducation, lequel est tout simplement une compétence provinciale, et non fédérale. Certes, nous pouvons attirer l’attention du gouvernement fédéral sur le dossier et lui faire savoir notre déception par rapport à la décision de la province.

En fait, les honorables sénateurs devraient être au courant que la Chambre des communes a adopté hier à l’unanimité une motion semblable pour signaler au gouvernement provincial la déception des députés.

[Français]

Permettez-moi de vous dire, encore une fois, moi qui ai profité d’une éducation postsecondaire bilingue, que je suis profondément attristé par les récents événements en Ontario. Les Franco-Ontariens et Franco-Ontariennes sont déçus de cette aspiration non réalisée, et nous partageons ce sentiment. Merci.

Des voix : Bravo!