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Période des questions: L’aide accordée aux victimes d’inondations

Période des questions: L’aide accordée aux victimes d’inondations

Période des questions: L’aide accordée aux victimes d’inondations

L’honorable Joseph A. Day (leader des libéraux au Sénat) : 

Monsieur le ministre, je sais que vous êtes bien au courant des récentes inondations dans ma province, le Nouveau-Brunswick. Je remercie le gouvernement de l’aide qu’il a apportée jusqu’à maintenant aux victimes de la terrible inondation le long du fleuve Saint-Jean.

Je tiens aussi à remercier officiellement le personnel des Forces armées canadiennes et les nombreux bénévoles pour les efforts déployés afin de protéger les Canadiens et les maisons contre une autre année record d’inondations.

Monsieur le ministre, cette situation est en voie de devenir trop familière. Les inondations à Ottawa, à Gatineau et à Bracebridge ont également causé d’énormes dommages. Les urgences environnementales dues aux changements climatiques, comme les inondations, les incendies et ainsi de suite, sont à la hausse.

Je pense que nous convenons tous, en voyant ces urgences environnementales, que ces types de situations deviendront la norme à l’avenir.

Votre lettre de mandat vous enjoint d’élaborer un plan d’action exhaustif permettant :

[…] de mieux prévoir les catastrophes naturelles et les urgences liées au climat, de mieux s’y préparer et de mieux y réagir.

En janvier dernier, vous et vos homologues provinciaux et territoriaux avez publié un document intitulé Stratégie de sécurité civile pour le Canada : Vers un 2030 marqué par la résilience. Le document ne compte que 32 pages et il y aura beaucoup d’inondations avant d’atteindre l’année 2030.

Monsieur le ministre, quelles mesures concrètes seront prises à court terme pour régler les difficultés actuelles et celles qui se poseront inévitablement dans les années à venir?

L’honorable Ralph Goodale, C.P., député, ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile : Merci beaucoup de votre question, sénateur. Comme vous pouvez l’imaginer, ces graves inondations qui ont frappé au moins quatre provinces me préoccupent depuis deux semaines et j’y consacre presque tout mon temps. On prévoyait à l’origine que c’est dans la province du Manitoba que le problème serait le plus grave. Or, le niveau d’inondation auquel on s’attendait ne s’est pas matérialisé. Certes, il y a eu de graves problèmes et des inondations au sud de Winnipeg, mais à des niveaux bien inférieurs à ceux que l’on a vus en 2011, par exemple.

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Dans la province du Nouveau-Brunswick que vous représentez, il y a eu de graves problèmes en aval de la vallée de la rivière Saint-Jean. Heureusement, ils sont aujourd’hui réglés dans une large mesure et la province a retiré sa demande d’aide fédérale. Les Forces armées canadiennes poursuivent leur action et collaborent maintenant à la phase de récupération.

Le même processus s’amorce en Ontario et au Québec, même si les niveaux d’eau sont encore très élevés le long de la rivière des Outaouais, de la vallée du Saint-Laurent, des Grands Lacs, ainsi que dans les zones de villégiature au nord de Toronto, à Kashechewan et dans d’autres endroits au bord de la baie d’Hudson et de la baie James.

Dans les quatre provinces, les Forces armées canadiennes ont apporté une aide extraordinaire. Comme se plaît à le dire d’ailleurs le ministre de la Défense: « Elles ne tardent pas à intervenir et prennent tout leur temps avant de partir. » Les conditions du désengagement sont toujours gérées très soigneusement par les Forces armées canadiennes et les autorités provinciales et locales chargées de la gestion des urgences.

Tous les Canadiens se joindraient à vous et moi pour féliciter les Forces armées canadiennes et tous les premiers répondants, les représentants provinciaux et municipaux, les bénévoles et tous ceux qui sont venus à la rescousse et ont fait un travail remarquable.

Je veux aussi mentionner la Croix-Rouge canadienne, qui fournit des fonds et de l’aide aux personnes délogées et directement touchées par les inondations, où qu’elles se produisent au pays. Comme vous le savez peut-être, vendredi dernier, le gouvernement du Canada a versé une contribution de 2,5 millions de dollars à la Croix-Rouge canadienne pour l’aider à fournir les services. Elle veille habituellement à combler les besoins immédiats qui ne sont pas prévus dans les programmes officiels de rétablissement et qui ne sont pas couverts autrement.

La stratégie que vous avez mentionnée concernant la gestion des urgences est au stade de l’élaboration depuis trois ans. Nous avons fait un travail très minutieux avec les provinces et les territoires pour mettre au point cette stratégie nationale. Nous collaborons aussi très étroitement avec les dirigeants autochtones, car c’est important si nous voulons une stratégie qui soit globalement inclusive et efficace.

À partir de maintenant, les provinces et les territoires pourront étudier la stratégie et déterminer — chacun de leur côté, puisque les besoins varient d’une région à l’autre — les aspects qu’ils veulent combler en priorité sur leur territoire. Selon la Constitution, le dernier mot revient aux provinces. Le gouvernement du Canada est là pour les aider, et je suis ravi de dire que nous entretenons d’excellentes relations avec l’ensemble des provinces et des territoires, ce qui nous permet de nous concerter et de fournir les services nécessaires en temps voulu.

Le gouvernement fédéral compte trois programmes susceptibles de nous intéresser dans l’immédiat. Les Accords d’aide financière en cas de catastrophe existent depuis 1970 et ils permettent aux provinces d’établir la liste des programmes de rétablissement qu’ils veulent mettre en œuvre, les régimes d’indemnisation à venir, les coûts, ce genre de chose, après quoi elles invitent le gouvernement du Canada à assumer une part des coûts. Moins les coûts occasionnés par une catastrophe naturelle sont élevés, moins grande est la part du fédéral. Au contraire, plus ils sont élevés, et plus le fédéral fournira une grande part des fonds requis. Tout est déjà prévu dans les accords, et ces derniers ont toujours très bien fonctionné. C’est ce programme qui s’enclenche en premier et provoque l’entrée en scène du gouvernement fédéral.

Il y en a toutefois deux autres. Le premier est le Programme national d’atténuation des catastrophes, qui permet notamment de cartographier les zones inondables afin que nous puissions connaître les risques qui planent sur nos têtes et conseiller ensuite les municipalités sur toutes sortes de sujets, comme le zonage ou les secteurs où il est possible de construire, ou pas. Vient enfin le Fonds d’atténuation et d’adaptation en matière de catastrophes, qui vise à rendre les infrastructures plus résistantes aux changements climatiques. Il sera lui aussi très utile dans les semaines et les mois à venir.