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Rapport du Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des sciences et de la technologie, intitulé Honte à nous – L’adoption forcée des enfants nés d’une mère célibataire pendant la période d’après-guerre au Canada

Rapport du Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des sciences et de la technologie, intitulé Honte à nous – L’adoption forcée des enfants nés d’une mère célibataire pendant la période d’après-guerre au Canada

Rapport du Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des sciences et de la technologie, intitulé Honte à nous – L’adoption forcée des enfants nés d’une mère célibataire pendant la période d’après-guerre au Canada

L’honorable Terry M. Mercer (leader adjoint des libéraux au Sénat) :

Honorables sénateurs, je n’avais pas l’intention de prendre la parole, mais le contenu de la motion m’a fait changer d’avis.

J’ai déjà été vice-président de l’Association des parents adoptifs de la Nouvelle-Écosse, dont je suis aussi un des cofondateurs, alors je tiens à ce qu’on véhicule une image juste de l’adoption.

Oui, les adoptions forcées sont à condamner. Oui, il est inacceptable que des jeunes femmes aient été forcées d’abandonner leur bébé, mais n’oublions pas qu’ici même, au Canada, la vie de milliers et de milliers de personnes a été transformée par l’adoption. C’est ce qui m’est arrivé personnellement lorsque j’ai rencontré mon fils, Michael, pour la première fois, en novembre 1980. Il avait un mois. Mon épouse et moi avons pu l’adopter par l’entremise d’une agence catholique d’Halifax.

Michael a changé notre vie. C’est grâce à lui que je suis ici aujourd’hui, car il a donné un sens à toute ma vie. J’avais désormais une raison de travailler dur, car je devais subvenir à ses besoins et l’aider à grandir. Je suis extrêmement fier de lui. En fait, je sais que c’est fou, mais il fait lui aussi de la politique et il est aujourd’hui directeur général du Parti libéral de la Nouvelle-Écosse. Je sais que vous vous en réjouissez tous.

Bref, il s’agit d’un rapport important et nous devrions l’appuyer. Cela dit, je ne voudrais pas qu’on perde de vue le fait que l’adoption en soi est une très bonne chose. Je ne peux m’empêcher de m’insurger quand une personne se dit contre l’avortement, mais refuse d’envisager l’adoption. C’est bien beau de s’opposer à l’avortement, mais encore faut-il que les jeunes femmes qui envisagent de se faire avorter puissent avoir la possibilité de poser un geste extrêmement positif qui est susceptible de changer la vie de l’enfant, évidemment, mais aussi celle de la famille qui l’adoptera.

L’adoption de notre fils, Michael, est le moment le plus heureux de notre vie. Eh bien, mon épouse et moi sommes même un peu plus heureux aujourd’hui, parce que notre fils nous a donné deux petits-enfants et, comme je me plais à répéter, le meilleur travail que j’aie eu est celui de grand-père. Je n’ai jamais joué un rôle aussi agréable de ma vie.

Je suis arrivé à la maison la fin de semaine dernière après avoir voyagé pendant sept jours, et quand, le dimanche matin, ma petite-fille est venue me réveiller en disant : « Debout, papy! », tous les tracas liés aux déplacements se sont envolés.

Cependant, je veux dire clairement que l’adoption est une chose positive. La façon dont on parle de l’adoption dans ce rapport est négative. Je pense que nous devons tous le réaliser et je voulais le préciser. L’adoption peut être une chose très positive, et c’est souvent le cas.

Des voix : Bravo!