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Remerciements pour hommages

Remerciements pour hommages

Remerciements pour hommages

L’honorable Claudette Tardif : 

Monsieur le Président, très chers collègues, c’est avec beaucoup d’émotion et profondément touchée par ces hommages qui me vont droit au cœur que je vous adresse la parole avant mon départ du Sénat.

Je n’oublierai jamais les moments privilégiés que j’ai vécus dans cette noble institution. Je voudrais exprimer toute ma gratitude à l’égard de chacun d’entre vous pour votre dévouement et votre engagement sincère pour le bien-être des Canadiennes et des Canadiens de notre pays.

Je tiens à remercier le personnel chargé de la sécurité et le personnel administratif, législatif et politique, dont les services de grande qualité sont au cœur des opérations du Sénat. Je reconnais le professionnalisme et le dévouement de ces personnes qui ont été inestimables dans l’exécution de mon travail de sénatrice depuis 2005.

Permettez-moi de remercier aussi tous les employés qui ont travaillé dans mon bureau pendant presque 13 ans au Sénat. Je veux saluer Janick Cormier, qui est présente à la tribune et qui a travaillé à mon bureau. Cependant, je tiens à reconnaître tout particulièrement l’appui de tous les instants de mon adjointe administrative, Sylvie Boulanger, qui est également présente à la tribune et qui m’accompagne depuis plus de 11 ans. Sylvie, je te remercie de ta grande loyauté, de ton dévouement et de ton engagement, ainsi que de ton professionnalisme. Tu as été une alliée précieuse dans toutes les actions que j’ai entreprises dans le cadre de mes fonctions de sénatrice. Tu prends également ta retraite à la suite de mon départ. Je vous souhaite, à toi et à André, une heureuse retraite et, surtout, beaucoup de golf.

Je remercie mon conjoint, Denis, qui m’a accompagnée tout au long de ma vie professionnelle et qui a été une source de réconfort et d’inspiration. Vous imaginez-vous, chers collègues, faire plus de 800 voyages aller-retour à l’aéroport, peu importe l’heure? Merci, Denis, d’avoir toujours été là pour moi. En outre, je ne veux pas oublier de remercier chaleureusement mes enfants et mes sept petits-enfants, qui m’ont toujours manifesté leur amour et leur fierté pour le travail important que j’accomplissais. Alors que s’amorce un nouveau chapitre de ma vie, je veux accorder plus de temps à ma santé, à ma famille et à mes proches. Ces derniers ont dû faire bien des sacrifices durant mes 50 ans de travail professionnel en tant que professeure, universitaire et chercheure, doyenne de la Faculté Saint-Jean de l’Université de l’Alberta, et, par la suite, dans le rôle et les fonctions que j’ai remplies à titre de sénatrice. Comme vous le savez tous, chers collègues, la nécessité de s’absenter fréquemment du foyer et les exigences liées à nos responsabilités au Sénat peuvent être difficiles pour les familles et devenir éprouvantes pour la santé.

Au cours de mes 12, bientôt 13, années au Sénat, j’ai eu le privilège et l’honneur d’occuper divers rôles et fonctions et de travailler avec des parlementaires exceptionnels.

J’ai occupé pendant plus de six ans le poste de leader adjointe de l’opposition. Ces années n’ont pas été sans difficulté, mais elles m’ont permis de devenir consciente de l’importance que revêt le système parlementaire dans une démocratie et, plus particulièrement, de l’importance du rôle constitutionnel du Sénat dans l’avancement des projets de loi et dans l’examen de dossiers importants pour le Canada et le monde.

Travailler avec les chefs du Parti libéral Stéphane Dion, Michael Ignatieff et Bob Rae ainsi que leurs équipes a été une expérience intéressante et enrichissante, dont je suis reconnaissante. J’ai appris que la capacité de négocier, de travailler en collaboration avec différents intervenants et de faire preuve de diplomatie quand il le fallait était nécessaire à l’exercice de mes fonctions.

Je remercie mes collègues de l’équipe des dirigeants du groupe libéral au Sénat avec qui j’ai travaillé, les honorables Céline Hervieux-Payette, James Cowan et Jim Munson, pour leur appui et pour la confiance qu’ils m’ont toujours témoignée. Je tiens à souligner aussi l’appui généreux que j’ai reçu de la sénatrice Joan Fraser. Cette grande dame, remarquable sénatrice et femme inspirante a été un mentor pour moi et pour bien d’autres, par la profondeur de sa connaissance des règlements et de la procédure du Parlement et par sa grande sagesse. Je lui souhaite une très heureuse retraite.

Je veux également mentionner les dirigeants de l’équipe du groupe libéral indépendant actuel, les honorables Joseph Day, Terry Mercer et Percy Downe, et les remercier de leur engagement et de leur dévouement, ainsi que tous mes collègues, passés et présents, du caucus libéral. Ce fut un grand privilège de connaître chacun d’entre vous et d’apprécier toute l’expertise et l’expérience dont vous faites preuve lors de vos interventions dans cette Chambre, ainsi que votre engagement à l’égard des causes qui vous tiennent à cœur.

Il m’est important de souligner aussi le travail non négligeable de mes homologues conservateurs avec qui j’ai travaillé dans le cadre de mes fonctions de leader adjointe de l’opposition officielle, l’honorable Gerald Comeau et l’honorable Claude Carignan, pour lesquels j’ai toujours eu beaucoup de respect, même si je n’étais pas toujours d’accord avec leurs positions. Je disais à la blague que je passais plus de temps avec eux en une semaine en raison de nos rencontres quotidiennes qu’avec Denis, mon conjoint.

Honorables sénateurs, je suis particulièrement satisfaite et fière de ce que j’ai accompli pour favoriser l’avancement des dossiers de la francophonie albertaine et canadienne, ainsi que de ma contribution à la réalisation de rapports dotés de recommandations très pertinentes et réalistes, notamment au sein du Comité des langues officielles, du Comité de l’agriculture et des forêts et du Comité sur la modernisation du Sénat. Vous n’êtes pas sans savoir que l’épanouissement des communautés de langue officielle en situation minoritaire et le respect de la dualité linguistique de notre pays me tiennent profondément à cœur. Représenter les intérêts et répondre aux besoins de la communauté francophone de l’Alberta et de l’ensemble de la francophonie canadienne a été pour moi un grand privilège.

Je remercie les associations et organismes nationaux et provinciaux qui m’ont fait confiance. J’ai été heureuse de leur donner une voix à la Chambre haute.

Tout au long de mon parcours personnel et professionnel, deux fils conducteurs, soit l’éducation et la langue et la culture françaises, ont inspiré mes choix, mes engagements, mes causes et mes actions. C’est sans doute l’influence de mes parents et de mes grands-parents maternels qui m’ont amenée à développer ma passion pour la langue française. Ils sont venus du Québec s’installer en Alberta au début du XXe siècle. Pionniers et colonisateurs, mes grands-parents ont toujours soutenu l’importance de l’éducation et de la langue française dans des circonstances souvent très difficiles dans une province qui offrait très peu d’appui à ses citoyens francophones. Je veux aussi rendre hommage à mon père, d’origine allemande et russe, qui a appris le français après son mariage et a toujours soutenu l’importance du français.

Permettez-moi, honorables sénateurs, de faire un rappel historique de l’importante contribution de la famille Tardif à la colonisation de la Nouvelle-France. Connu sous le nom d’Olivier Le Tardif de Honfleur, il arriva en Nouvelle-France avec Samuel de Champlain en 1618 et devint interprète en allant vivre parmi les Algonquins, les Montagnais et les Hurons. Il fut un interprète respecté et estimé et apparut souvent aux côtés de Champlain au cours des négociations avec les Autochtones. Le fait d’établir des liens de communication et de favoriser de bonnes relations était pour lui le principal moyen de mieux comprendre leur culture et de bâtir une nouvelle société dans l’harmonie et le respect. Je crois que cette façon de faire est toujours aussi pertinente aujourd’hui. Je souhaite vivement que le projet de loi S-212 pour l’avancement des langues autochtones qui a été proposé par notre honorable collègue, Serge Joyal, soit adopté.

Honorables sénateurs, j’ai été membre du Comité sénatorial permanent des langues officielles depuis ma nomination en 2005 et j’ai eu le privilège de siéger à titre de présidente de ce comité. Je suis fière de la production de plusieurs rapports d’envergure qui ont des retombées significatives pour les communautés de langue officielle en situation minoritaire. Je remercie tous mes collègues qui ont participé avec dévouement et générosité à ce comité au fil des ans, en particulier notre ancienne collègue, l’honorable Maria Chaput, qui en a été présidente pendant plusieurs années.

J’aimerais souligner le travail ardu des membres du Comité sénatorial permanent des langues officielles qui sont ici dans cette enceinte aujourd’hui, et avec qui j’ai eu le plaisir de travailler lors de ma présidence : La sénatrice Poirier, le sénateur McIntyre, le sénateur Maltais, le sénateur Mockler, la sénatrice Seidman, la sénatrice Fraser, la sénatrice Jaffer, la sénatrice Gagné, la sénatrice Moncion, la sénatrice Mégie et la sénatrice Bovey. Merci beaucoup pour le travail que vous avez investi dans les travaux de ce comité qui, je trouve, n’est pas reconnu à sa juste valeur.

Honorables sénateurs, je souhaite que plus de membres se joignent à ce comité, et pas seulement des sénateurs francophones. Les langues officielles, le respect des droits linguistiques et la promotion du bilinguisme dans une société marquée par la diversité et le multiculturalisme sont l’affaire de tous. La dualité linguistique, en tant que valeur fondamentale de l’identité canadienne, n’est pas simplement un cadre permettant d’offrir des services dans les deux langues officielles, elle doit faire partie intégrante d’une vision d’ensemble pour l’avenir de notre société canadienne.

Honorables collègues, les deux langues officielles font partie de notre histoire, de notre présent et de notre avenir. Elles se trouvent au cœur de l’identité canadienne et représentent une valeur fondamentale du pays. Les jeunes que nous avons eu l’occasion d’entendre au cours de l’examen sur la modernisation de la Loi sur les langues officielles ont affirmé leur fierté d’être des Canadiens bilingues. Ils espèrent voir le jour où chaque Canadien aura une chance égale d’étudier dans les deux langues officielles du Canada.

J’espère sincèrement que le gouvernement examinera sérieusement le travail qu’entreprend à l’heure actuelle le Comité sénatorial permanent des langues officielles pour moderniser la Loi sur les langues officielles et qu’il jouera un rôle de leadership afin que tous les Canadiens et les Canadiennes aient un accès équitable à des services et à des communications dans la langue officielle de leur choix. Je souhaite aussi que le gouvernement s’engage à garantir le plein respect de la loi pour l’ensemble des institutions fédérales qui y sont assujetties.

Je suis persuadée que le Comité sénatorial permanent des langues officielles, sous la gouverne de son président, l’honorable sénateur Cormier, et de sa vice-présidente, l’honorable Rose-May Poirier, et avec l’expertise et l’engagement de tous ses membres, saura mener à bien cette étude importante dont les recommandations sont très attendues par l’ensemble de la société canadienne et par les communautés de langue officielle en situation minoritaire.

Je veux souligner la collaboration des députés, tous partis confondus, qui m’ont conseillée à quelques reprises avec générosité pour favoriser l’avancement de certains dossiers.

Depuis ma nomination au Sénat du Canada, j’ai voulu profiter des occasions de valoriser notre dualité linguistique et favoriser l’évolution de la francophonie au Canada et à l’étranger. En tant que présidente de l’Association interparlementaire Canada-France pendant sept ans, et à titre de vice-présidente par la suite, j’ai eu la chance extraordinaire de travailler étroitement avec des collègues parlementaires canadiens et français sur des enjeux de grande importance pour nos deux pays, tout en ayant l’occasion de faire découvrir à nos cousins français la vitalité des communautés francophones en situation minoritaire au Canada. Cela a permis de renforcer des relations dans les domaines de l’immigration, de l’économie et de l’éducation francophone à travers le pays.

Honorables sénateurs, c’est avec un pincement au cœur que je vous dis au revoir. Cette proximité avec vous tous, chers collègues, va me manquer. Je serai toujours reconnaissante de ces moments privilégiés qui ont marqué mon travail au Sénat du Canada. Je profite de l’occasion pour remercier le très honorable Paul Martin et lui rendre hommage, car il m’a nommée en 2005 afin de représenter la province de l’Alberta. Je suis convaincue que la force et la vigueur de notre démocratie ont de profondes racines ici dans cette enceinte, cette « Chambre de réflexion », grâce à la contribution essentielle et inestimable des membres du Sénat passés, présents et à venir.

Honorables sénateurs, je vous souhaite des échanges et des débats qui ne cesseront de faire progresser notre démocratie sur la base de nos valeurs canadiennes fondamentales. Les nouvelles initiatives que le Sénat a entreprises en vue de bonifier son fonctionnement et de rehausser sa crédibilité vont dans la bonne direction. Ce fut un honneur pour moi d’être au service de notre pays avec vous tous.

Honorables collègues, ce fut un honneur et un privilège d’être au service du pays avec vous tous. Je vous transmets tous mes vœux de réussite. Le temps est venu pour moi de vous dire au revoir et merci beaucoup.