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Rubab Qureshi

Rubab Qureshi

Rubab Qureshi

L’honorable Lillian Eva Dyck : 

Honorables sénateurs, j’interviens aujourd’hui pour féliciter Rubab Qureshi, qui, le 3 avril dernier, a participé au programme Héritières du suffrage sur la Colline du Parlement. Dans son discours, elle a demandé au gouvernement de prendre des mesures concrètes pour lutter contre la montée du nationalisme blanc et de l’islamophobie au Canada. Au cours de cet événement, elle a demandé au premier ministre Trudeau si des membres de communautés virtuelles pourraient être sanctionnés ou voir leur nom être inscrit sur des listes de surveillance de terroristes s’ils diffusent ouvertement des idées islamophobes ou relevant de la suprématie blanche.

Elle a déclaré ce qui suit :

Lorsqu’ils véhiculent ces discours, j’aimerais qu’ils prennent un moment pour réfléchir et se poser la question suivante : « Si je me joins à ce groupe en ligne, est-ce qu’on va m’empêcher d’aller aux États-Unis la semaine prochaine ou est-ce que je risque d’être accusé d’avoir tenu des propos haineux? » C’est pour cette raison que j’ai demandé l’adoption d’une politique précise en la matière.

La vidéo de l’échange bref entre Mme Qureshi et le premier ministre est devenue virale. Dans les jours qui ont suivi le programme, Mme Qureshi a été bombardée de messages haineux dans les médias sociaux. Un étranger lui a envoyé un message contenant des saisies d’écran de mèmes haineux produits par un groupe Facebook qui disait ceci :

Ces hidjabs forment probablement des paniers parfaits pour recevoir leurs têtes coupées. Œil pour œil.

Outre ces commentaires haineux, le message contenait le nom de chacune des déléguées musulmanes ayant participé à l’événement. La haine viscérale et troublante qui se manifeste en ligne à l’endroit de Mme Qureshi est symptomatique de la montée du nationalisme blanc et de l’islamophobie au Canada. Comme l’a déclaré Mme Qureshi :

On hésite à agir pour combattre ce problème parce que l’on aime croire qu’il n’existe pas au Canada […] Il est ridicule de prétendre que de tels commentaires ne sont propagés que par un très petit groupe de personnes. Même si on admet que le problème est moins grave qu’aux États-Unis, ce n’est pas une raison pour l’éviter.

(1410)

Pour prévenir la montée d’un tel extrémisme, Mme Qureshi veut que l’on adopte des mesures de dissuasion concrètes, y compris des politiques permettant d’ajouter les membres des groupes extrémistes aux listes de surveillance de terroristes et de leur interdire de voyager à l’étranger et de se regrouper en ligne.

Dans les jours qui ont suivi le torrent de publications virulentes sur les médias sociaux, Mme Qureshi avait naturellement des craintes pour sa sécurité. Même si elle a reconnu qu’elle « craignait pour sa vie », ce soir-là, elle a publié sur Twitter des captures d’écran montrant les publications en question. Elle a dit que ce sont là « le genre de propos racistes » qu’elle voulait combattre et qui « alimentent constamment les discours haineux » et « la violence envers les femmes racialisées ».

Honorables sénateurs, je salue le courage de Rubab Qureshi et je me joins à elle pour réclamer la mise en œuvre de politiques conçue expressément pour combattre l’islamophobie ou l’idéologie de la suprématie blanche. Merci.