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Troisième lecture du projet de loi S-218, Loi instituant le Mois du patrimoine latino-américain

Troisième lecture du projet de loi S-218, Loi instituant le Mois du patrimoine latino-américain

Troisième lecture du projet de loi S-218, Loi instituant le Mois du patrimoine latino-américain

L’honorable Jane Cordy : 

Honorables sénateurs, la sénatrice Jaffer avait l’intention de prendre la parole au sujet du projet de loi S-218 aujourd’hui, mais, malheureusement, elle n’a pas pu se présenter pour prononcer son discours. Elle avait promis au sénateur Enverga de prendre la parole aujourd’hui, alors, mesdames et messieurs les sénateurs, si vous me le permettez, j’aimerais prononcer le discours de la sénatrice Jaffer à sa place.

La sénatrice Jaffer a écrit ceci :

Honorables sénateurs, je prends la parole aujourd’hui au sujet du projet de loi S-218, Loi instituant le Mois du patrimoine latino-américain.

Avant de commencer, je tiens à remercier le regretté sénateur Enverga du travail colossal qu’il a consacré à ce projet de loi. Je lui ai promis que je prendrais la parole au sujet du projet de loi aujourd’hui, et il est regrettable qu’il ne soit pas ici pour l’entendre.

Le sénateur Enverga et son épouse ont accompli un travail exceptionnel pour toutes les collectivités du Canada, particulièrement les Philippino-Canadiens. Ce projet de loi témoigne du désir du sénateur Enverga qu’on reconnaisse la diversité du Canada.

Sénateur Enverga, je vous remercie de vos efforts et de votre détermination.

Je tiens aussi à remercier la sénatrice Galvez, qui a appuyé ce projet de loi à titre de membre de la communauté latino-américaine du Canada.

J’appuie le projet de loi S­218, qui vise à désigner le mois d’octobre comme Mois du patrimoine latino­américain, car je crois sincèrement que la force du Canada vient de sa diversité. Chaque groupe du Canada le rend plus fort.

Je le sais, car je suis venue au Canada en tant que réfugiée, il y a de nombreuses années. Lorsque je suis arrivée au pays, tous les membres de ma famille savaient que nous allions être acceptés ici, de même que nos enfants et nos petits­enfants.

En fait, nous savions que nous allions être plus qu’acceptés; notre culture allait être célébrée. Nous savions que nous pouvions être fiers de nos origines alors que nous intégrions notre nouveau pays.

Les Latino­Américains qui sont venus au Canada, riches de leur langue et de leur culture, ne font pas exception. Même si leur présence au Canada est relativement récente — puisque la grande majorité est arrivée au pays après 1970 —, il ne fait aucun doute qu’ils ont eu une influence remarquable sur notre société.

Selon le recensement de 2016 de Statistique Canada, il y a 789 000 Canadiens d’origine latino­américaine. Ils sont nos enseignants, nos entrepreneurs, nos artistes, nos activistes, nos amis et nos voisins. Honorables sénateurs, ils contribuent à notre beau pays.

Le sénateur Enverga l’a bien exprimé lorsqu’il a dit ce qui suit devant le Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des sciences et de la technologie :

La communauté latino-américaine du Canada est grande et dynamique, et elle croît rapidement. Les Canadiens d’origine latino-américaine apportent une contribution positive à leur collectivité et à l’économie d’un océan à l’autre. Les organisations civiques et culturelles, dans toutes les professions et tous les domaines, qui revendiquent et célèbrent ce patrimoine et qui s’unissent en fonction de ce point commun pour améliorer leur capacité de réussir témoignent de la croissance rapide de la communauté latino-américaine canadienne.

Je suis tout à fait d’accord. Lorsque je pense à ces réussites, je pense à d’excellents artistes comme Eva Avila, Addictiv, Esmeralda Enrique et Gabriela Echeverry, qui ont marqué l’industrie de la musique, de la danse et de l’écriture par leurs œuvres primées.

Je pense aux nombreux et excellents athlètes canadiens d’origine latino-américaine, comme Mauro Biello et Keven Aleman, qui font la fierté du Canada lorsqu’ils montrent leurs talents dans le monde.

Enfin, je pense à la motivation de nombreux Canadiens d’origine latino-américaine qui se sont présentés à des élections fédérales et provinciales et qui ont été élus.

Si je disposais de plus de temps, je pourrais parler longuement de chacun, mais, comme ce n’est pas le cas, je dirai simplement que les Canadiens d’origine latino-américaine méritent d’être reconnus. Ils méritent de savoir que le Canada les apprécie et célèbre la culture et la langue qu’ils amènent ici.

Lorsque nous reconnaissons les cultures qui composent le Canada, notre pays en est enrichi.

Mon fils et mon petit-fils, Azool et Ayaan, ont tous les deux appris l’espagnol parce qu’ils sont conscients de l’utilité de pouvoir mieux communiquer avec leurs pairs latino-américains. En célébrant la culture latino-américaine, nous pourrons inciter plus de Canadiens à en faire autant.

Les mois qui soulignent l’histoire de peuples, comme le projet de loi S-218, qui institue un mois sur l’histoire hispanique, sont autant d’occasions idéales d’accorder cette reconnaissance aux Canadiens d’origine latino-américaine.

J’aimerais raconter mon expérience en ce qui a trait à deux autres mois similaires pour montrer quelles répercussions ils peuvent avoir.

En février, j’ai eu l’occasion d’assister à des festivités soulignant le Mois de l’histoire des Noirs. Lors de ces fêtes, j’ai eu le plaisir de manger des mets de nombreux pays africains, de regarder des danseurs et d’en apprendre davantage sur la riche histoire des Canadiens noirs et leurs luttes en faveur des droits civils.

En écoutant les histoires racontées ce soir-là, j’ai appris des choses sur les Canadiens de race noire que je n’aurais jamais apprises dans des manuels ou à l’école.

C’est là un élément important des mois sur l’histoire. Ils nous permettent d’apprendre l’histoire de la bouche de gens qui l’ont vécue.

En mai dernier, j’ai pu faire connaître mon patrimoine indien à l’occasion du Mois du patrimoine asiatique. J’ai été enchantée de voir une foule de gens découvrir la cuisine et la danse indiennes. J’étais aussi incroyablement fière lorsque des gens sont venus me dire à quel point ils aimaient le sari que je portais pour l’occasion.

Ce fut franchement une expérience toute particulière pour moi de partager ma culture, et je crois qu’il est grand temps que les Canadiens d’origine latino-américaine aient l’occasion de vivre cette même expérience.

Il existe déjà plusieurs mesures semblables, mais de portée plus restreinte, au Canada. L’Ontario célèbre déjà en octobre le Mois du patrimoine latino-américain et, à Toronto, on organise la Hispanic Fiesta chaque année, au mois de septembre. Vancouver accueille également le plus grand festival latino-américain du nord-ouest de l’Amérique du Nord, le Carnaval Del Sol, qui présente la danse, la cuisine et la musique de l’Amérique latine.

Je suis fière de constater que ma province, la Colombie-Britannique, accueille un festival aussi populaire, qui met en vedette la culture latino-américaine.

Cependant, je crois qu’il est grand temps de lancer une telle initiative à l’échelle nationale.

Pour conclure, je voudrais partager avec vous les propos de la sénatrice Galvez au Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des sciences et de la technologie :

Depuis les années 1960, des vagues de Centraméricains et de Sud-Américains immigrent au Canada, et ils arrivent chaque fois en grand nombre. La plupart ont immigré à cause des conditions politiques et économiques difficiles dans leur pays. Ces immigrants ont apporté un riche patrimoine culturel, plus particulièrement dans le domaine des arts, comme l’artisanat, le textile et la musique, ainsi qu’en ce qui a trait à l’agriculture, aux produits fruitiers et à la cuisine. Ils ont également apporté une manière différente d’aborder l’histoire et les relations avec les peuples indigènes.

Honorables sénateurs, il est temps pour nous de souligner la culture incroyable décrite par la sénatrice Galvez, mais nous ne pouvons pas le faire sans prendre les mesures nécessaires.

En décembre 1995, le Parlement a officiellement fait du mois de février le Mois de l’histoire des Noirs, grâce au travail acharné de Jean Augustine, la première Noire à siéger à la Chambre des communes.

En 2002, le Parlement a souligné pour la première fois le Mois du patrimoine asiatique, grâce aux efforts de notre ancienne collègue, la sénatrice Vivienne Poy.

Grâce à ce projet de loi, les Canadiens pourront dire, en pensant à l’année 2017, que nous avons créé le Mois du patrimoine latino-américain, avec le projet de loi S-218.

Je vous demande instamment de voter tous en faveur du projet de loi S-218 pour que nous puissions faire de ce mois une réalité.

Honorables sénateurs, c’est ce qui conclut les observations de la sénatrice Jaffer. J’aimerais aussi dire brièvement pourquoi je suis en faveur du projet de loi S-218. Les mois spéciaux comme le Mois du patrimoine latino-américain donnent à la population canadienne l’occasion de célébrer sa diversité et permettent de souligner l’extraordinaire apport des peuples du monde entier à notre merveilleux pays.

J’espère que, dans 10, 20 ou 30 ans, lorsqu’on soulignera le Mois du patrimoine latino-américain, bien des gens se rappelleront que nous en devons la création aux efforts enthousiastes du sénateur Enverga, tout comme nous devons la création du Mois de l’histoire des Noirs à Jean Augustine et le Mois du patrimoine asiatique à la sénatrice Vivienne Poy. Je vous remercie.