Canada's Original Think Tank

Troisième lecture du projet de loi S-244, Loi instituant la Semaine de la gentillesse

Troisième lecture du projet de loi S-244, Loi instituant la Semaine de la gentillesse

Troisième lecture du projet de loi S-244, Loi instituant la Semaine de la gentillesse

L’honorable Jim Munson propose que le projet de loi S-244, Loi instituant la Semaine de la gentillesse, soit lu pour la troisième fois.

— Honorables sénateurs, après avoir entendu le sénateur Pratte décrire certains périls de ce monde, je pense que le monde a désormais besoin d’une immense embrassade.

Honorables sénateurs, c’est avec un sentiment de gratitude que j’interviens aujourd’hui à l’étape de la troisième lecture du projet de loi S-244, Loi instituant la Semaine de la gentillesse. En effet, je sais gré à tous les Canadiens qui m’ont dit qu’ils appuyaient ce projet de loi. Je sais gré à tous les sénateurs qui ont pris du temps pour me parler du projet de loi, poser des questions à l’étape de l’étude au comité et intervenir au Sénat.

Je ne reprendrai pas intégralement le discours que j’ai prononcé à l’étape de la deuxième lecture ou les témoignages entendus par le comité, mais il y a certains points importants que j’aimerais répéter. Par exemple, la recherche menée à propos de la gentillesse a montré les nombreux avantages physiques, mentaux et sociaux qu’elle procure. Elle a montré en particulier les avantages de la gentillesse pour ceux qui l’expriment ou ceux qui en sont l’objet.

Selon un proverbe ancien de la Première Nation de Haida Gwaii, « il est impossible de se défaire de la gentillesse, car les gens ne cessent de la rendre ». Songez-y. Il est impossible de se défaire de la gentillesse, car les gens ne cessent de la rendre. Cette sagesse nous vient des Premières Nations.

Voilà comment j’envisage le déroulement de la Semaine de la gentillesse. Lorsque nous nous attachons à exprimer de la gentillesse, nous encourageons autrui à faire de même. La gentillesse peut émaner de chacun de nous et nous avons tous un rôle essentiel à jouer pour créer un Canada plus aimable.

En entendant les nouvelles, il est facile de se laisser aller au pessimisme et à l’angoisse. À l’inverse, il peut s’en dégager de bons sentiments. Hier par exemple, j’ai vu, dans un bulletin de nouvelles sur les ondes de NBC News, un ourson arrivant finalement à grimper au sommet d’un glacier. Cela m’a fait du bien. J’ai été soulagé de voir cela hier soir, après avoir regardé le bulletin de nouvelles pendant 25 minutes.

(1450)

Je suis inspiré quand je lis ou que j’entends les histoires de collectivités qui se donnent la main, de voisins qui s’entraident ou de personnes qui viennent à la rescousse de quelqu’un qu’elles ne connaissent pas. Ce genre d’histoires me fait chaud au cœur et me réconforte. La gentillesse peut nous faire passer de la peur et de l’hostilité à l’acceptation et à l’appréciation.

Je pense notamment à l’histoire de Becca Schofield, qui a inspiré le mouvement #BeccaToldMeTo. Vous vous en souvenez? Tout a commencé à Moncton, au Nouveau-Brunswick. Becca est décédée, mais non sans avoir lancé une campagne auparavant. Quand on demandait aux gens qui posaient des actes de gentillesse ce qui les motivait, ils répondaient que Becca leur avait dit de le faire. C’était fort simple. Cela a entraîné une réaction en chaîne d’actes de gentillesse d’un bout à l’autre du pays, dans ma province, le Nouveau-Brunswick, jusqu’en Australie.

Chris Koch, qui vient de Calgary, est né sans bras ni jambes. Il traverse le pays en auto-stop et inspire la gentillesse aux Canadiens. Chaque fois que quelqu’un accepte de l’amener plus loin, il parle de la gentillesse des gens et de l’aide qu’ils lui apportent afin de poursuivre sa route.

Honorables sénateurs, certaines collectivités participent déjà à la Semaine de la gentillesse, comme Springhill, à Terre-Neuve, qui le fait depuis deux ans. Ottawa le fait également, et ce, depuis un certain nombre d’années, de même que la province de l’Ontario. La liste d’exemples de belles histoires et de bonnes actions est longue et elle ne fera que s’allonger quand la Loi sur la Semaine de la gentillesse sera adoptée.

Honorables sénateurs, j’ai été profondément touché la semaine dernière par l’allocution et l’histoire de la sénatrice Mary Coyle. Elle nous a raconté à quel point les gens avaient été gentils avec elle — de simples gentillesses — pendant sa convalescence. Je pense que je n’oublierai jamais cette allocution. Elle résumait parfaitement ce qu’est la gentillesse.

On dit que la gentillesse est la solution au problème de l’intimidation, car les enfants qui sont gentils ne cherchent pas à intimider les autres. Selon certains témoins qui ont comparu devant le Comité sénatorial des affaires sociales la semaine dernière, l’enseignement de la gentillesse dans les écoles réduit le nombre de cas d’intimidation, permet à de nouvelles amitiés de se créer et favorise l’intégration de tous.

La semaine dernière, lors de la réunion de ce comité, on aurait pu entendre une mouche voler pendant une heure. Ensemble, nous avons donné un parfait exemple de gentillesse. Tous les membres de toutes les allégeances étaient présents, et nous avions tous des questions à poser. D’excellentes réponses ont été données par les témoins à certaines questions, et je crois que nous sommes tous sortis de cette réunion avec le sentiment de faire partie d’un phénomène nouveau qui, je l’espère, se répandra à la grandeur du pays.

Les témoins ont également dit au comité que l’intimidation n’est pas seulement présente dans nos écoles. Elle est répandue dans environ 25 p. 100 des milieux de travail. Une semaine de la gentillesse pourrait entraîner un changement de culture profond pour les jeunes, mais aussi pour les Canadiens de tous les âges et de tous les milieux.

La Semaine de la gentillesse sera l’occasion pour les écoles, les collectivités, les organismes, les entreprises et les milieux de travail d’encourager et de promouvoir l’enseignement de la gentillesse, les projets axés sur la gentillesse et le bénévolat. Imaginez ce qui se passera la troisième semaine du mois de février : des Canadiens d’un bout à l’autre du pays qui retiennent la porte de l’ascenseur, qui laissent passer une voiture devant eux durant l’heure de pointe ou qui déneigent l’entrée d’un voisin uniquement dans le but d’être gentils. Des étrangers s’échangeront plus souvent des sourires et des mercis. Je pense que cela pourrait entraîner une vague de gentillesse au Canada et, qui sait, peut-être même ailleurs.

La personne qui est entrée dans mon bureau est un homme très gentil. Depuis au moins 20 ans, on le voit habituellement à Ottawa lors du jour du Souvenir; ce sera encore le cas cette année. C’est vraiment le moment idéal pour parler de la bonté et de la gratitude devant certains des tableaux accrochés aux murs du Sénat en pensant à ceux qui, comme le soulignait plus tôt le sénateur Day, ont consenti le plus grand sacrifice possible et donné leur vie pour le pays. Le rabbin Reuven Bulka est l’un de ceux qui continuent de servir le pays par sa bonté tous les jours et le 11 novembre, dans un court sermon. Comme on dit dans les Maritimes, le rabbin est notre « buddy ». C’est un ami, une personne aimable. Comme plusieurs d’entre vous le savent, c’est de lui que vient l’idée d’une semaine de la gentillesse. La semaine dernière, devant le comité, il a affirmé ceci :

Enfin, dans cette période tumultueuse, que le Canada devienne le premier pays […] à mettre la gentillesse à l’avant-scène à l’échelle nationale sera l’expression d’un leadership d’ampleur internationale dont nous serons éternellement fiers.

Comment ne pas être d’accord avec lui?

Lorsque le projet de loi S-244 recevra la sanction royale — j’espère que ce sera sous peu — le Canada sera le premier pays au monde à avoir une semaine de la gentillesse inscrite dans la loi. Je vous le dis, honorables sénateurs, c’est important; vraiment important. Parfois, les gens se posent la question : à quoi bon désigner ces semaines et ces jours, et pourquoi sont-ils importants? Ils sont importants parce que les gens sont importants. Nous sommes tous importants. Il aura fallu quelques années, mais mon projet de loi d’initiative parlementaire sur la Journée de l’autisme, le 2 avril, a été adopté et le pays reconnaît maintenant cette journée conformément à la loi. Cela a motivé les gouvernements à offrir des chaires d’excellence. Le gouvernement conservateur de l’époque a instauré une chaire d’excellence sur l’autisme. Des programmes de financement et le Partenariat canadien pour l’autisme se sont concrétisés. Des écoles de partout au pays ont hissé des drapeaux, et on a enseigné aux enfants que l’ami d’à côté pense tout simplement un peu différemment et qu’il ne faut pas le juger pour autant. Les répercussions se multiplient au pays. Je crois que ces gestes ont une véritable importance.

Mark Twain a dit : « La gentillesse est le langage que les sourds peuvent entendre et que les aveugles peuvent voir. » Mesdames et messieurs les sénateurs, la gentillesse est une langue universelle. Elle ne cause aucun tort. Elle ne coûte rien. Il suffit d’y être sensibilisé et d’y consacrer un peu de temps, car être gentil ou utile peut avoir une incidence positive sur la journée d’autrui.

Selon l’adage populaire, les actes ont plus de poids que les paroles. Je viens de prendre connaissance d’une note qui m’a été remise il y a un moment. Quelqu’un a dit quelque part : « Mieux vaut être bienveillant qu’avoir raison. » Il importe davantage d’avoir un cœur patient qui écoute qu’un esprit intelligent qui discourt.

Honorables sénateurs, adoptons cette mesure législative pour que la gentillesse que préconise cette mesure se traduise en gestes concrets d’un océan à l’autre, pour créer un Canada plus bienveillant.

En conclusion, j’aimerais citer mon estimé collègue, le sénateur Manning. À l’heure actuelle, nous nous trouvons dans des camps opposés et nous parlons chacun une variante distincte de l’anglais, mais nous protégeons mutuellement nos arrières, que ce soit lorsque nous voyageons avec le Comité des pêches en Europe ou d’un bout à l’autre de notre grand pays et, au Comité des pêches, nous nous tenons au courant de nos activités respectives sur notre nouvelle étude sur la recherche et le sauvetage. Le sénateur Gold est vice-président du comité et je fais partie du comité directeur. Nous travaillons ensemble dans une atmosphère bienveillante, compatissante et intelligente et nous espérons présenter, dans deux semaines, les résultats d’une nouvelle étude sur ce qui devrait être fait au Canada en matière de recherche et sauvetage. J’estime qu’une collaboration bienveillante est nécessaire pour obtenir des résultats.

La semaine dernière au comité, le sénateur Manning a évoqué des propos qui, à mon avis, résument parfaitement bien l’objet de cette mesure. Ils ont une résonance en chacun de nous. Je conclus là-dessus. Nous aimons tous notre mère et ces sages paroles viennent de sa mère. Elles figurent dans son répertoire et je vais aussi les faire miennes pour toujours. La mère du sénateur Manning a dit ce qui suit :

On peut oublier le numéro de téléphone, l’adresse et même le nom d’une personne, mais on n’oublie jamais sa gentillesse.

Je vous remercie beaucoup, honorables sénateurs.