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Un régime national d’assurance-médicaments

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Un régime national d’assurance-médicaments

Un régime national d’assurance-médicaments


Publié le 10 avril 2014
Votre période des questions par l’hon. James Cowan (retraité)

Appuyez sur la touche de lecture/Play pour écouter le fichier audio de la question. Veuillez prendre note que l’extrait audio est fourni dans la langue utilisée par les sénateurs. Les sénateurs peuvent s’exprimer au Sénat dans la langue officielle de leur choix. Pour accéder à la traduction du texte intégral de la discussion, veuillez cliquer ici.


L’honorable James S. Cowan (leader de l’opposition) :

Honorables sénateurs, ma question d’aujourd’hui nous est posée par la Dre Danielle Martin, un médecin de famille de Toronto. La Dre Martin a été présidente fondatrice de Médecins canadiens pour le régime public et est actuellement vice-présidente de la Division des affaires médicales et des solutions en matière de systèmes de santé au Women’s College Hospital de Toronto. Mes collègues savent que son récent témoignage devant le Sénat américain a reçu énormément d’attention et d’appui ici, au Canada.

La question de la Dre Martin est la suivante :

En tant que médecin de famille travaillant dans le système de santé canadien, je rencontre souvent des patients qui ne prennent pas leurs médicaments parce qu’ils n’ont pas les moyens de les acheter. Un de mes patients est chauffeur de taxi. Son ascendance sud-asiatique et son emploi sédentaire l’ont prédisposé aux problèmes de santé dont il souffre actuellement, soit le diabète et l’hypertension. Même s’il travaille de longues heures et qu’il est économe, il ne peut pas subvenir aux besoins de sa famille ni payer les médicaments dont il a besoin. Comme lui, je m’inquiète au sujet des complications dont il pourrait souffrir au cours des prochaines décennies. Certaines de ces complications pourraient avoir des conséquences dévastatrices, comme une crise cardiaque, un accident vasculaire cérébral et la cécité, parce qu’il ne peut pas à la fois nourrir sa famille et acheter les médicaments dont il a besoin.

Des histoires comme celle-ci sont très fréquentes au Canada. Une étude récente de Law et collègues a révélé qu’un Canadien sur dix ne se fait pas prescrire de médicaments ou ne prend pas ses médicaments conformément à l’ordonnance en raison des coûts qui y sont associés. Il en découle un problème qui nuit aux travailleurs autonomes et aux Canadiens qui occupent un emploi précaire. Qui plus est, ce problème fait ressortir de profondes disparités régionales dont devrait se préoccuper au plus haut point le gouvernement fédéral. Un patient qui souffre d’insuffisance cardiaque congestive pourrait devoir débourser de sa poche entre 74 $ et 1 332 $ pour obtenir des médicaments sur ordonnance, selon la province où il habite.

Lorsque le régime d’assurance-maladie si cher aux Canadiens a été mis au point dans les années 1950 et 1960, et même dans les années 1980 lors de l’adoption de la Loi canadienne sur la santé, la majorité des soins de santé étaient prodigués par des médecins, en milieu hospitalier. Aujourd’hui, nos systèmes se transforment rapidement afin de répondre aux besoins de la population vieillissante, dont les membres atteints d’une maladie chronique vivent plus longtemps. En effet, nous savons que les deux tiers des Canadiens de plus de 65 ans prennent cinq médicaments ou plus. Les besoins de la population vieillissante canadienne ne peuvent être satisfaits si celle-ci n’a pas convenablement accès à des médicaments d’importance vitale dans la collectivité. La solution la plus équitable et la plus simple sur le plan administratif consiste indubitablement à élargir nos régimes d’assurance publics pour qu’ils englobent les médicaments essentiels et toutes les choses qui sont actuellement obligatoires en vertu de la Loi canadienne sur la santé.

En outre, le coût des produits pharmaceutiques augmente rapidement pour les régimes d’assurance tant publics que privés au Canada. Un programme national d’assurance- médicament, assorti d’un formulaire national et de l’achat en vrac de médicaments, pourrait réduire les coûts de 10 à 42 p. 100, permettant d’économiser jusqu’à 10,7 milliards de dollars annuellement.

Les accords de 2003-2004 sur la santé recommandaient l’établissement d’une Stratégie nationale sur les produits pharmaceutiques qui aurait constitué un pas modeste vers la réalisation de cette vision, mais celle-ci n’a pas vu le jour puisque l’accord sur la santé n’a pas été renouvelé.

Ma question est donc la suivante : le gouvernement fera-t-il du programme national d’assurance-médicaments une priorité?

 

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